- Ce qui change le 11 août 2026 (la réponse en 30 secondes)
- B2C : appeler un particulier sans son accord devient interdit
- Et le B2B ? La prospection entre pros reste autorisée
- Les 4 règles pour cold caller des pros en toute légalité
- Les pièges à éviter (là où des boîtes B2B vont se faire avoir)
- Sanctions : ce que risque vraiment une boîte qui déborde
- Adapter sa prospection : moins d'appels au hasard, plus d'appels ciblés
- Questions fréquentes
« Du coup, on coupe tout le 11 août ? » Un fondateur que j'accompagne sur sa prospection m'a sorti ça il y a trois semaines, au milieu d'une session d'appels. Il avait lu un titre du style « le démarchage téléphonique bientôt interdit » et il voyait déjà son pipeline partir à la benne. Je lui ai répondu en une phrase : tu appelles des pros, donc tu continues. Il ne m'a pas cru tout de suite... et je le comprends, vu la panique ambiante.
Alors on va poser les choses calmement : ce que dit vraiment la loi, qui est concerné, et à quoi ressemble ta prospection le 12 août au matin. Je précise d'entrée : je ne suis pas avocat, je suis un mec qui a passé des milliers de cold calls et qui a lu les textes pour ne pas raconter n'importe quoi. Pour les cas tordus, tu vérifies avec un juriste. 👍
Ce que tu vas trouver :
- Ce qui change le 11 août 2026 (la réponse en 30 secondes)
- Pourquoi le B2B reste autorisé (et sous quelles règles)
- Les 4 règles pour cold caller des pros en toute légalité
- Les pièges qui peuvent te faire basculer du mauvais côté
- Les sanctions réelles, sans dramatiser ni minimiser
Ce qui change le 11 août 2026 (la réponse en 30 secondes)
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 (article 13, pour les curieux) fait basculer le démarchage téléphonique des particuliers dans un nouveau régime à partir du 11 août 2026 :
- Avant : tu pouvais appeler un particulier tant qu'il ne s'était pas inscrit sur Bloctel. C'était de l'opt-out : le silence valait autorisation.
- Après : interdit d'appeler un consommateur qui n'a pas donné son consentement préalable. Libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, dixit le texte. C'est de l'opt-in : le silence vaut interdiction.
- Bloctel disparaît. Logique : plus besoin d'une liste pour dire non quand le non devient la règle par défaut.
- Et détail qui pique : c'est à l'entreprise de prouver qu'elle avait le consentement. Pas au particulier de prouver qu'il ne l'avait pas donné.
Qui est concerné ? Ceux qui appellent des particuliers. Les plateaux qui enchaînent les numéros en 06 pour vendre des panneaux solaires, c'est terminé. Toi qui appelles des directeurs commerciaux sur leur ligne pro... on y vient.
B2C : appeler un particulier sans son accord devient interdit
Pour être complet, voilà le nouveau paysage côté consommateurs :
- Autorisé par défaut, sauf inscription Bloctel
- Le particulier devait faire la démarche de dire non
- Horaires et fréquence encadrés (10h-13h, 14h-20h, 4 appels/mois max)
- Bloctel comme garde-fou
- Interdit par défaut, sauf consentement préalable
- C'est à l'entreprise de recueillir (et prouver) le oui
- Le cadre transitoire n'a plus lieu d'être : sans oui, pas d'appel
- Bloctel supprimé
Il reste des exceptions : tu peux appeler un client avec qui tu as un contrat en cours, si l'appel a un rapport avec ce contrat. Le recouvrement, les sondages, le caritatif et la presse gardent leurs régimes à part. Et certains secteurs étaient déjà interdits de démarchage avant cette loi : le CPF, la rénovation énergétique, l'adaptation du logement.
Mon avis, franchement ? C'est une bonne loi. Chaque appel de « votre compte CPF arrive à expiration » a pourri la réputation du téléphone et rendu MON métier plus dur. Je ne vais pas les pleurer.
Et le B2B ? La prospection entre pros reste autorisée
Le point que le fondateur paniqué du début avait raté, et que la plupart des articles noient : cette loi modifie le Code de la consommation. Et le Code de la consommation protège... les consommateurs. Des particuliers. Quand tu appelles une entreprise, ou un professionnel sur sa ligne pro pour une offre en lien avec son métier, tu n'es pas dans ce cadre. Tu es dans le cadre du RGPD.
Et le RGPD, lui, n'exige pas de consentement préalable en B2B. Ta base légale, c'est l'intérêt légitime : tu peux appeler sans accord préalable, à condition de cibler des gens pertinents, de t'identifier, et de respecter immédiatement un « ne me rappelez plus ». C'est de l'opt-out, et ça ne change pas le 11 août. J'ai détaillé tout ce régime dans prospection téléphonique et RGPD, garde-le ouvert dans un onglet si tu veux le fond juridique.
Donc non, le cold call B2B ne meurt pas le 11 août 2026. Ce qui meurt, c'est le spray-and-pray sur les particuliers. Nuance énorme.
Une réserve d'honnêteté : des décrets d'application peuvent encore préciser des modalités. Je mettrai cet article à jour si ça bouge, mais l'architecture B2C interdit / B2B autorisé, elle, est écrite dans la loi.
Les 4 règles pour cold caller des pros en toute légalité
Autorisé ne veut pas dire open bar. Quatre règles, et tu es carré :
- Tu appelles des lignes pro. Standard, ligne directe, mobile pro fourni par la boîte. Pas le portable perso de quelqu'un.
- Ton offre a un lien avec la fonction de la personne. Un logiciel de phoning proposé à un directeur commercial, c'est cohérent. Le même logiciel proposé au comptable pour son usage perso, tu sors du cadre.
- Tu t'identifies dès le décroché. Qui tu es, de quelle boîte, pourquoi tu appelles.
- Tu respectes l'opposition, et tu la notes. Un « ne me rappelez plus » = la personne sort du fichier, définitivement. Réponds un truc simple : « C'est noté, je vous retire de notre fichier, vous ne serez plus recontacté. Bonne journée. » Et pas de « je comprends, mais laissez-moi juste 30 secondes... » : insister après un refus explicite, c'est exactement ce que la loi vise. Ensuite tiens un registre d'oppositions, même un simple statut dans ton CRM, et synchronise-le partout.
Sur le point 3, je vois encore trop de commerciaux jouer au plus malin :
❌ « Bonjour, c'est au sujet de votre dossier... je peux parler au gérant ? » Le flou volontaire pour passer le barrage. Pourquoi c'est mauvais : c'est illégal (l'identification est obligatoire), et le prospect se sent piégé dès qu'il comprend. Tu démarres sur une arnaque, bon courage pour la confiance derrière.
✅ « Bonjour, Paul, de Paradial. Je vous appelle parce que vous dirigez l'équipe commerciale de [boîte], et c'est exactement pour ce genre d'équipe qu'on bosse. Je vous explique en 20 secondes ? » Pourquoi ça marche : c'est légal, c'est assumé, et cette assurance fait plus pour ton taux d'accroche que n'importe quelle ruse.
Les pièges à éviter (là où des boîtes B2B vont se faire avoir)
C'est la partie que je te demande de lire deux fois, parce que la frontière B2B/B2C est moins nette qu'elle en a l'air.
- Les indépendants sur numéro perso. Un gérant de boîte de plomberie m'a arrêté net un jour : « là vous m'appelez sur mon portable perso, hein ». Il avait raison, et juridiquement c'est tout le problème : un auto-entrepreneur ou un patron de TPE joint sur son 06 qui sert à tout, la loi peut le regarder comme un particulier. Donc protégé par l'opt-in. Si ta cible, c'est des indépendants, c'est LE sujet à traiter avant août. Concrètement : tu ne gardes que les numéros que le pro a lui-même publiés pour être contacté (son site, sa fiche Google Business, un annuaire pro), tu notes cette origine dans ton CRM, et si on te sort la phrase de mon plombier, tu t'excuses, tu passes le contact en opposition et tu ne rappelles jamais.
- Les 06/07 qui traînent dans ton fichier. Déjà interdits en composition automatisée par l'ARCEP, et doublement risqués maintenant : un mobile, tu ne sais jamais vraiment s'il est pro ou perso. Dans le doute, il dégage.
- Les fichiers achetés douteux. Le fichier « 50 000 contacts qualifiés » à 300 €, sans origine traçable, mélange pros et particuliers. Après le 11 août, chaque particulier dedans est une infraction potentielle. Je t'ai fait un guide pour trouver des numéros B2B légalement, c'est le moment de sourcer proprement.
- Les automates qui appellent sans humain. Robocalls, messages pré-enregistrés, voicebots qui composent des particuliers en rafale : c'est exactement la cible de la loi. Un dialer piloté par un humain qui parle à des pros, c'est conforme. Un robot qui arrose, non.
Le nettoyage avant le 11 août, concrètement : tu vires les particuliers de ton fichier, tu isoles les 06/07, tu tagges les indépendants à part, et tu t'assures de pouvoir dire d'où vient chaque numéro restant. Une après-midi de boulot, et tu abordes la rentrée tranquille.
Sanctions : ce que risque vraiment une boîte qui déborde
Sans dramatiser, mais sans minimiser non plus :
- Jusqu'à 500 000 € d'amende pour une personne morale qui démarche illégalement des particuliers.
- L'abus de faiblesse aggravé (les seniors harcelés pour des travaux fantômes) monte à 500 000 € et 5 ans de prison pour une personne physique.
- La nullité du contrat : ce que tu as vendu suite à un démarchage illicite peut être annulé. Tu rembourses.
- Et la DGCCRF contrôle. Le démarchage abusif fait partie de ses priorités depuis des années, ils ne vont pas se calmer maintenant qu'ils ont une loi plus dure.
Perso, je pense que pour un acteur B2B carré, le risque numéro un n'est même pas là. Il est dans la négligence : le fichier jamais nettoyé, les 20 % de numéros perso qu'on garde « parce que ça décroche bien ». C'est comme ça qu'une boîte légitime se retrouve dans le rouge sans avoir jamais décidé de frauder.
Adapter sa prospection : moins d'appels au hasard, plus d'appels ciblés
Prends trois secondes de recul sur ce que cette loi récompense et ce qu'elle punit. Elle punit l'appel de masse vers des gens sans lien avec l'offre. Elle laisse tranquille l'appel ciblé vers un pro dont la fonction correspond à ce que tu vends.
Autrement dit : la loi pousse tout le monde vers ce que les bons SDR font déjà. Un fichier resserré, sourcé proprement, où chaque contact a une vraie raison d'être appelé. Et ensuite, du volume sur CE fichier-là. Parce que le volume, en B2B, ça n'a jamais été « arroser large » : c'est joindre un maximum de gens déjà qualifiés pour filtrer vite. Ceux qui mordent, tu creuses ; ceux qui ne mordent pas, tu passes au suivant sans forcer. Un dialer piloté par un humain sur un fichier B2B propre, c'est exactement ça, et c'est ce qu'on a construit chez Paradial.
Le 12 août au matin, pendant que les plateaux B2C mettent la clé sous la porte, toi tu décroches ton casque et tu appelles ta liste, comme la veille. Avec un bonus : moins de bruit sur les lignes, et des prospects moins échaudés par le spam. Si tu veux revoir toute la méthode d'ici là :
◆ Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z (cadre légal inclus) ›Pour creuser le versant données et conformité, prospection téléphonique et RGPD est le complément direct de cet article, et le reste des sujets terrain t'attend dans la catégorie stratégie.
Sources officielles, si tu veux lire les textes : la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 sur Légifrance (article 13), et la page « démarchage téléphonique » de economie.gouv.fr, tenue à jour par la DGCCRF.
Bref : le 11 août 2026, le démarchage des particuliers passe à l'opt-in, et le cold call B2B continue. Nettoie ton fichier, appelle des pros sur des lignes pro, identifie-toi, respecte les stops... et prospecte l'esprit tranquille. 📞
Questions fréquentes
Le démarchage téléphonique est-il totalement interdit en 2026 ?
Non. À partir du 11 août 2026, il est interdit par défaut d'appeler un PARTICULIER sans son consentement préalable. La prospection B2B, entre professionnels, reste autorisée sous le régime du RGPD : intérêt légitime, identification claire et droit d'opposition respecté.
La loi du 11 août 2026 s'applique-t-elle à la prospection B2B ?
Non. La loi 2025-594 modifie le Code de la consommation, qui protège les consommateurs. Appeler un professionnel sur sa ligne pro, pour une offre en lien avec sa fonction, ne rentre pas dans ce cadre. Ton cold call B2B reste légal, tant que tu respectes les règles RGPD.
Peut-on encore appeler un professionnel sur son 06 après le 11 août 2026 ?
Prudence. Un indépendant ou un gérant de TPE joint sur son mobile perso peut être considéré comme un particulier, donc protégé par la nouvelle loi. Et les 06/07 sont déjà interdits en composition automatisée. Privilégie les lignes pro et les numéros sourcés proprement.
Que devient Bloctel après le 11 août 2026 ?
Bloctel disparaît. La liste d'opposition n'a plus de raison d'être : on passe d'un système où le particulier devait s'inscrire pour ne pas être appelé (opt-out) à un système où il est interdit de l'appeler sauf s'il a dit oui avant (opt-in).
Quelles sanctions si on appelle un particulier sans son consentement ?
Jusqu'à 500 000 € d'amende pour une entreprise, la nullité du contrat signé suite à un démarchage illicite, et des contrôles DGCCRF. En cas d'abus de faiblesse, ça peut monter à 500 000 € et 5 ans de prison pour une personne physique. Ce n'est pas décoratif.