- La méthode CERC, c'est quoi ?
- Les 4 étapes de la méthode CERC, avec des exemples de phrases
- Exemple d'appel complet avec la méthode CERC
- Méthode CERC ou méthode CROC : la différence
- Ce que le cold call doit piquer à la méthode CERC : le E
- Le cas que personne ne traite : le prospect qui te rappelle
- S'organiser pour ne rater aucun appel entrant
- Questions fréquentes
La méthode CERC, tu l'as croisée en cours de vente, en BTS NDRC, ou dans une formation accueil téléphonique. Quatre lettres pour recevoir un appel : Contact, Écoute, Réponse, Conclusion. Jusque-là, rien de fou.
Le truc que je veux te montrer ici, c'est que cette trame ne sert pas qu'au standard. Un commercial reçoit des appels tous les jours : le prospect qui rappelle un numéro manqué, le lead qui appelle après un formulaire. Et là, CERC vaut de l'argent. Au programme : les 4 étapes avec des phrases qui passent, deux exemples d'appel complets, la différence avec CROC, et le cas que personne ne traite : le prospect qui TE rappelle. 📞
Ce que tu vas trouver :
- La définition de CERC (Contact, Écoute, Réponse, Conclusion) et d'où ça vient
- Les 4 étapes avec, à chaque fois, la phrase récitée et la phrase naturelle
- Deux exemples d'appel commentés : un accueil classique, un prospect qui rappelle
- La différence avec CROC, et ce que le cold call devrait piquer à CERC
La méthode CERC, c'est quoi ?
CERC, c'est une trame en 4 étapes pour réceptionner un appel téléphonique : Contact, Écoute, Réponse, Conclusion. Elle vient de l'accueil téléphonique, et elle est au programme du bac pro MRC et du BTS NDRC. Si tu révises pour un exam, la trame officielle est reprise telle quelle juste en dessous.
À qui ça sert ? Au standard et au service client, évidemment. Mais moi je pense que celui qui en a le plus besoin, c'est le commercial : un SDR qui passe du volume en sortant génère mécaniquement des gens qui rappellent. Et ces gens-là, on les accueille souvent n'importe comment. 🙃
Les 4 étapes de la méthode CERC, avec des exemples de phrases
Pour chaque lettre : la théorie, puis la phrase récitée qui sent le script et la phrase naturelle qui passe.
C comme Contact
La théorie : tu décroches avant la 3e sonnerie, tu salues, tu présentes l'entreprise puis toi, et tu demandes l'objet de l'appel.
❌ « Société Dupont bonjour, Paul à l'appareil, en quoi puis-je vous être utile ? » ✅ « Dupont, Paul, bonjour ! »
Pourquoi ? La première est correcte... et récitée, on entend la fiche. La seconde dit la même chose en trois mots, avec de l'énergie, et laisse un silence : l'appelant va te donner l'objet de l'appel tout seul. S'il ne le fait pas dans les deux secondes (ça arrive avec les timides), un simple « je vous écoute » suffit, pas besoin de la formule complète.
E comme Écoute
La théorie : tu laisses parler, tu questionnes, tu reformules, et tu notes (nom, société, objet, coordonnées). Pour noter proprement, garde une fiche d'appel sous les yeux.
❌ « Alors, si je comprends bien, vous rencontrez un problème, c'est bien cela ? » ✅ « OK. Donc la facture de juillet, avec le mauvais montant. Vous l'avez reçue par mail ou par courrier ? »
Pourquoi ? La reformulation vide ne prouve rien. Celle qui reprend un détail précis prouve que tu as écouté, et la question qui suit fait avancer.
R comme Réponse
La théorie : tu traites la demande si tu peux. Sinon, tu proposes de rappeler, ou tu prends un message.
❌ « Je ne suis pas en mesure de traiter votre demande, veuillez rappeler ultérieurement. » ✅ « Je n'ai pas la réponse sous la main. Je vérifie avec la compta et je vous rappelle avant 16h, ça vous va ? »
Pourquoi ? Un engagement daté (« avant 16h »), c'est une réponse, même sans l'info. L'appelant ne repart pas les mains vides.
C comme Conclusion
La théorie : tu reformules ce qui a été convenu, tu remercies, tu prends congé en personnalisant.
❌ « Très bien, je vous remercie de votre appel, bonne journée, au revoir. » ✅ « Donc je vous rappelle avant 16h sur ce numéro avec le bon montant. Merci d'avoir appelé, Madame Roux, bonne journée. »
Pourquoi ? La reformulation verrouille ce qui va se passer, le nom personnalise. Le reste, c'est du remplissage.
Quand la personne demandée est absente : prendre un message
Dans une PME, un appel entrant sur deux tombe sur quelqu'un qui n'est pas là, et c'est le cas que les fiches de cours expédient en une ligne. Trois choses, dans l'ordre :
- Tu notes : nom, société, numéro, objet en une ligne, meilleur créneau pour être rappelé. Ça tient sur ta fiche d'appel.
- Tu promets un délai, pas une intention : « Elle vous rappelle avant la fin de journée », pas « je lui transmets ».
- Tu relances toi-même si le rappel n'a pas eu lieu. Un message perdu, c'est un client qui appelle le concurrent.
En une seule phrase, ça donne :
❌ « Elle n'est pas là. Vous voulez laisser un message ? » ✅ « Elle est en rendez-vous jusqu'à 15h. Je prends vos coordonnées et elle vous rappelle avant la fin de journée : c'est à quel sujet ? »
Pourquoi ? La première laisse l'appelant décider (et la moitié répondent « non, je rappellerai », puis ne rappellent jamais). La seconde annonce quand elle est joignable, prend la main sur la prise de message et pose la question de l'objet dans la foulée. Et à 17h, si Madame Roux n'a toujours pas rappelé, c'est toi qui rappelles : « Bonjour, Paul, de Dupont. Madame Roux n'a pas pu vous rappeler aujourd'hui, elle vous appelle demain avant 10h. » Ce petit appel de 20 secondes, c'est ce qui sépare une boîte sérieuse d'une boîte qui « transmet ».
Exemple d'appel complet avec la méthode CERC
Deux dialogues, chaque réplique annotée avec sa lettre et le pourquoi. Garde cette partie sous le coude. 🔖
Dialogue 1 : accueil classique en PME
[C] Toi : « Dupont Menuiserie, Paul, bonjour ! » Lui : « Bonjour, je vous appelle pour un devis reçu la semaine dernière, j'ai une question sur les délais. » Il te donne l'objet de l'appel sans que tu le demandes.
[E] Toi : « Bien sûr. C'est le devis pour la véranda, à Nantes ? Vous avez le numéro de devis sous la main ? » Lui : « Oui, le 2418. La question, c'est : 8 semaines, c'est ferme, ou ça peut glisser ? » Un détail repris (la véranda), une question qui fait avancer.
[R] Toi : « 8 semaines, c'est la moyenne de l'atelier. Pour vous garantir une date, il faut que je demande à Marc, qui planifie. Il vous rappelle avant midi, ça vous convient ? » Lui : « Parfait. » Pas la réponse, mais un engagement daté.
[C] Toi : « Donc Marc vous rappelle avant midi sur ce numéro pour la date ferme du devis 2418. Merci pour votre appel, Monsieur Leroy, bonne matinée. » Reformulation, nom, fin.
Dialogue 2 : le prospect qui rappelle un commercial après un message vocal
[C] Toi : « Paul, bonjour ! » Lui : « Oui bonjour, j'ai un appel manqué de ce numéro, et un message... c'est [ta boîte] ? » Toi : « C'est ça, c'est moi qui vous ai appelé hier. Merci de rappeler, Monsieur Garnier. » Lui ne sait pas trop pourquoi il rappelle. Toi si : tu le dis, et tu le remercies.
[E] Toi : « Vous rappelez suite au message, ou vous avez déjà un sujet en tête sur la prospection ? » Lui : « Les deux. On a recruté deux commerciaux en septembre et le phoning, c'est un peu au petit bonheur la chance. » Une question ouverte, puis tu te tais. Il donne son contexte tout seul.
[R] Toi : « OK. Deux questions pour voir si je peux être utile : ils appellent combien de personnes par jour, à la louche ? Et c'est vous qui suivez leurs chiffres ? » Lui : « Une trentaine chacun, et oui, c'est moi. » Toi : « Alors ça vaut 15 minutes. Je vous montre comment on passe de 30 à 100 conversations par jour sans embaucher. Jeudi 10h ou vendredi 14h ? » Lui : « Jeudi 10h. » Deux questions de qualification, puis un créneau. Pas un pitch.
[C] Toi : « Jeudi 10h, en visio, je vous envoie l'invitation dans la minute. Merci d'avoir rappelé, Monsieur Garnier, à jeudi. » Rendez-vous reformulé, invitation envoyée avant même de raccrocher.
Méthode CERC ou méthode CROC : la différence
| CROC | CERC | |
|---|---|---|
| Quand | TU appelles (sortant) | ON t'appelle (entrant) |
| Posture | Tu portes l'appel | Tu accueilles une demande |
| Étapes | Contact, Raison, Objectif, Conclusion | Contact, Écoute, Réponse, Conclusion |
| Objectif | Obtenir une suite (souvent un RDV) | Résoudre ou orienter, sans perdre l'appelant |
Les deux erreurs classiques, dans les deux sens :
- CROC sur un appel entrant : tu déroules ta Raison à quelqu'un qui voulait juste une info sur sa facture. Il n'a rien demandé, il subit.
- CERC sur un appel sortant : tu attends que le prospect parle... sauf que c'est toi qui l'as appelé. Silence gêné, raccroché.
Pour les objections, il existe une troisième trame, CRAC (Creuser, Reformuler, Argumenter, Contrôler). CROC est détaillée avec un exemple complet dans notre article sur la méthode CROC, je ne la réexplique pas ici.
Ce que le cold call doit piquer à la méthode CERC : le E
Tout le monde dit « CROC = sortant, CERC = entrant » et s'arrête là. Perso, je trouve qu'on passe à côté de l'essentiel. Regarde les deux acronymes : la lettre qui change vraiment, c'est le E. Et c'est celle qui manque dans la plupart des scripts sortants qu'on m'envoie à relire.
J'ai passé des mois à réciter des scripts sortants sans une seule étape d'écoute. Contact, Raison, Objectif, à la chaîne. Le jour où j'ai rajouté une vraie question après mon accroche (« c'est comment chez vous, aujourd'hui ? ») et que j'ai fermé ma bouche, les gens se sont mis à parler. Pas tous. Mais ceux qui parlaient, c'était ceux qui avaient un sujet. Et c'est ça, le but du volume en sortant : pas harceler tout le monde, filtrer vite ceux qui ont un sujet, et creuser avec eux.
Les 20 premières secondes d'un cold call se gagnent en posant une question et en se taisant. Concrètement, le E greffé sur un CROC, ça donne :
❌ « Bonjour, Paul de Paradial, je vous appelle pour vous présenter notre solution de power dialer qui permet à vos commerciaux de tripler leur nombre d'appels et... » ✅ « Bonjour, Paul, de Paradial. Je vous appelle parce que vous avez recruté deux commerciaux cet été. Le phoning, c'est comment chez vous aujourd'hui ? » ... et tu te tais.
Pourquoi ? Le premier enchaîne Raison et Objectif sans respirer, le prospect n'a aucune porte pour entrer. Le second pose une Raison courte et personnalisée, puis rend la parole. S'il répond « au petit bonheur la chance », tu as ton sujet. S'il répond « ça roule, merci », tu n'as pas de sujet, et ce n'est pas grave.
Ensuite tu qualifies, deux ou trois questions, pas dix : « ils appellent combien de personnes par jour ? », « c'est vous qui suivez leurs chiffres ? », « qu'est-ce qui coince le plus, joindre les gens ou les convaincre ? ». Si le sujet est là tu proposes une discovery call. Sinon, tu passes au suivant, sans forcer.
Le cas que personne ne traite : le prospect qui te rappelle
Un jeudi, en pleine session d'appels, mon portable sonne. Numéro inconnu. Je décroche du bout des lèvres, « oui allô ? », les yeux encore sur l'écran de mon dialer. La voix en face : « Vous m'avez appelé ? ». Cinq secondes de blanc pendant que je cherche qui c'est. Au téléphone, cinq secondes, c'est très long. C'était un dirigeant à qui j'avais laissé un message vocal la veille. Il avait pris le temps de rappeler, et je l'ai accueilli comme un démarcheur. L'appel a duré 40 secondes. Ce jour-là j'ai compris que le retour d'appel, c'est l'appel le plus chaud que tu recevras jamais, et qu'il mérite une trame prête avant que ça sonne.
Pourquoi le plus chaud ? Parce que la personne s'est pré-qualifiée toute seule : elle a écouté ton message, jugé que ça valait un rappel, composé ton numéro. Le filtre a tourné sans toi. Ce que ça change, étape par étape :
- « Oui allô ? » et cinq secondes de blanc
- « Je vous appelais pour vous présenter nos services... »
- Un pitch de trois minutes
- « Je vous envoie une plaquette »
- « C'est moi qui vous ai appelé, merci de rappeler »
- « Vous rappelez suite au message, ou vous aviez un sujet ? »
- Deux questions de qualification, un créneau
- Rendez-vous reformulé, invitation envoyée
La colonne de gauche, c'est l'erreur numéro 1 : il a rappelé, donc il a un sujet. Trouve-le.
Trois compléments : le message vocal de prospection qui déclenche ce rappel, le mail de confirmation après l'appel qui verrouille le rendez-vous, et la règle des 5 minutes pour rappeler un lead quand c'est un lead web qui appelle.
S'organiser pour ne rater aucun appel entrant
Encore faut-il que le téléphone sonne au bon endroit. Ma check-list :
- Un numéro identifiable et pas flaggé spam. S'il s'affiche « Indésirable probable », personne ne rappelle (voir pourquoi mon numéro s'affiche en spam).
- Une seule ligne de rappel. Les gens rappellent le numéro qui les a appelés, pas un standard.
- Quelqu'un qui décroche quand le SDR est en session, avec la trame CERC et la fiche d'appel sous les yeux.
- Rappel sous 5 minutes si tu l'as manqué, sans t'excuser pendant trente secondes : « Bonjour, Paul, de Paradial. Vous venez d'essayer de me joindre, je vous rappelle. » Et tu enchaînes sur le E : tu te tais, il te dit pourquoi il appelait.
La logique derrière : plus tu passes de conversations sortantes avec des gens ciblés, plus tu génères de retours d'appel. C'est ce qu'on voit avec Paradial : quand tu passes de 30 à 100 conversations par jour, les rappels suivent, et le dialer te dit qui a rappelé et suite à quel appel. Reste à décrocher correctement... et maintenant tu sais faire. 😉
Pour la méthode de prospection téléphonique complète (ciblage, accroche, script, objections, cadre légal) :
◆ Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z ›Bref : CERC, c'est Contact, Écoute, Réponse, Conclusion. Apprends la trame pour l'exam si tu en as un, pique-lui le E pour tes appels sortants, et ressors-la le jour où un prospect te rappelle. Les autres trames sont dans la catégorie scripts de prospection téléphonique. 📞
Questions fréquentes
Que signifie l'acronyme CERC ?
Contact, Écoute, Réponse, Conclusion. C'est la trame de référence pour recevoir un appel : tu accueilles, tu laisses parler et tu reformules, tu traites la demande (ou tu prends un message), puis tu conclus proprement.
Quelles sont les 4 étapes de la méthode CERC ?
1. Contact : tu décroches vite, tu annonces la société et ton prénom, tu laisses l'appelant donner l'objet de l'appel. 2. Écoute : tu laisses parler, tu questionnes, tu reformules, tu notes. 3. Réponse : tu traites, tu proposes de rappeler, ou tu prends un message. 4. Conclusion : tu reformules ce qui a été convenu, tu remercies, tu prends congé en personnalisant.
Peut-on utiliser la méthode CERC pour un appel sortant ?
Pas telle quelle : en sortant, c'est toi qui portes l'appel, donc la trame de base c'est CROC. Par contre, pique-lui son E. Un cold call sans étape écoute, c'est un monologue, et c'est exactement ce qui fait raccrocher les gens.
En combien de sonneries faut-il décrocher avec la méthode CERC ?
Avant la 3e sonnerie, c'est la règle enseignée. Au-delà, l'appelant commence à douter et prépare son raccroché. Si tu ne peux vraiment pas décrocher, un rappel dans les 5 minutes rattrape presque tout.
Comment appliquer la méthode CERC quand un prospect rappelle un commercial ?
Contact : tu confirmes que c'est bien toi qui as appelé et tu remercies. Écoute : « vous rappelez suite à mon message ? », et tu te tais. Réponse : deux questions de qualification puis une proposition de créneau. Conclusion : rendez-vous reformulé et mail de confirmation envoyé avant de raccrocher.