- Technique 1 : pose ton plancher et ton plan B avant l'appel
- Technique 2 : annonce ton prix en premier, et n'ajoute rien derrière
- Technique 3 : jamais une concession sans contrepartie
- Technique 4 : fais parler l'acheteur avant de défendre quoi que ce soit
- Technique 5 : découpe ton offre, pas ton prix
- Technique 6 : repère les 5 tactiques d'acheteur
- Technique 7 : sache arrêter (et pourquoi ton pipe te donne ce droit)
- Négocier au téléphone : les 3 réglages qui changent tout
- Questions fréquentes
Le prospect a dit oui. Oui au produit, oui au besoin, oui au fait que ça règle son problème. Puis il souffle un coup : « bon, sur le tarif, vous pouvez faire un geste ? » Et là, en trois secondes, la marge part.
J'ai perdu 15 % de marge en une phrase, et c'est moi qui l'ai dite. Six semaines que je courais après ce directeur commercial. Il finit par me dire au téléphone qu'on est d'accord sur tout, mais que son budget est en dessous, et je réponds « ok, on va s'arranger » avant même qu'il ait fini. Tellement soulagé d'entendre un oui que j'ai payé pour l'avoir. Deux mois plus tard, il a redemandé un geste. Logique : je venais de lui apprendre que mes prix étaient une suggestion. 😅
Perso je pense que la négociation se joue à 80 % avant l'appel, et que les 20 % restants tiennent dans une poignée de réflexes. Voilà les sept que j'utilise, avec les phrases exactes.
Ce que tu vas trouver :
- Ton plancher et ton plan B, décidés à froid
- La règle qui sauve le plus de marge : jamais de concession sans contrepartie
- Comment découper ton offre plutôt que ton prix
- Les 5 tactiques d'acheteur et la réponse à chacune
- Les 3 réglages spécifiques à la négociation au téléphone
Technique 1 : pose ton plancher et ton plan B avant l'appel
Deux chiffres à écrire noir sur blanc avant de décrocher : le tarif que tu vises, et le montant en dessous duquel tu pars. Pas « on verra », pas « ça dépend de son budget ». Un chiffre.
Ajoute ton plan B. Dans les bouquins on appelle ça la MESORE, ou la BATNA. En français : qu'est-ce que tu fais si ce deal ne se signe pas ? Si la réponse est « je suis mort », tu vas céder, c'est mécanique. Si c'est « j'ai quatre autres discussions en cours », tu négocies calmement, et ça s'entend dans ta voix.
Concrètement, ça tient sur un post-it que je remplis avant de décrocher :
- Cible : 890 € par mois, sur 12 mois
- Plancher : 750 € par mois, en dessous je sors
- Plan B : 3 autres deals en cours ce mois, dont un qui signe la semaine prochaine
- Ce que je peux échanger : l'engagement 12 mois, le paiement en une fois, un témoignage
Trente secondes à écrire. Et quand il lâche « 700, vous pouvez ? », tu n'as plus à réfléchir, tu lis ta ligne : « à 700 je ne peux pas y aller. Le plus bas que je puisse faire, c'est 750, et c'est sur 12 mois. »
La règle que je me répète : ce que tu décides à froid, tu ne le renégocies pas à chaud. L'acheteur, lui, est tranquille, il fait ça 200 fois par an. Toi tu es dans l'émotion du closing.
Technique 2 : annonce ton prix en premier, et n'ajoute rien derrière
Le premier chiffre posé sur la table cadre toute la discussion. Si c'est l'acheteur qui l'annonce, tu passes le reste de l'appel à remonter vers le tien. Alors pose-le, toi.
Et surtout : arrête-toi après. Le réflexe qui coûte le plus cher, c'est de meubler.
❌ « C'est 890 euros par mois… enfin, après on peut voir, hein, c'est modulable. » ✅ « C'est 890 euros par mois. »
Dans la première version, tu ouvres la porte avant qu'on ait frappé. Dans la seconde, tu laisses un blanc, et c'est lui qui parle en premier. Ce « enfin, après on peut voir », je l'ai dit pendant des mois sans m'en rendre compte, jusqu'à me réécouter sur un enregistrement. C'est moi qui ouvrais la négo, personne ne me l'avait demandé. Si le prospect coupe avant même de connaître le tarif, tu n'es pas encore en négociation : c'est l'objection « c'est trop cher » qu'il faut travailler d'abord.
Technique 3 : jamais une concession sans contrepartie
Celle-là, c'est celle qui m'a récupéré le plus de marge, et de loin. Une remise offerte gratuitement n'achète rien du tout : elle apprend à l'acheteur que ton prix bouge quand il pousse. Donc il poussera encore, au renouvellement.
- « Bon, allez, je vous fais 10 %. »
- Il empoche et redemande trois minutes après
- Ton prix devient une opinion
- Le renouvellement repartira du tarif remisé
- « Si on part sur 12 mois, alors je peux aller à 10 %. »
- Il doit donner quelque chose pour recevoir
- Ton prix devient une équation
- Tu gardes une raison de tenir ton tarif
La liste de contreparties à garder sous le coude, à sortir dans l'ordre qui t'arrange :
- un engagement plus long (12 ou 24 mois au lieu du mensuel)
- un paiement en une fois au lieu du mensualisé
- un périmètre plus large (deux équipes plutôt qu'une)
- un témoignage ou un logo sur le site
- une mise en relation avec deux boîtes de son réseau
- une signature avant la fin du mois
La formulation qui marche tient en deux mots : « si… alors ». Trois autres, prêtes à dire telles quelles :
- « Si vous signez avant vendredi, alors je peux caler le tarif de lancement. »
- « Si on passe sur un paiement en une fois, alors je descends de 8 %. »
- « Si vous embarquez la deuxième équipe dès le départ, alors je vous mets au tarif du pack 20 utilisateurs. »
Regarde le sens de la phrase, c'est tout le sujet : la contrepartie d'abord, la remise après.
❌ « Je peux descendre de 8 %… si vous payez en une fois. » ✅ « Si vous payez en une fois, alors je descends de 8 %. »
Dans la première, il a déjà encaissé les 8 % avant d'entendre la condition, et il va négocier la condition. Dans la seconde, les 8 % n'existent que s'il dit oui. Et jamais « je peux vous faire un effort » tout seul dans le vide : ça, ce n'est pas une contrepartie, c'est un cadeau.
Technique 4 : fais parler l'acheteur avant de défendre quoi que ce soit
Quand quelqu'un demande une remise, tu ne sais pas encore pourquoi. Budget bloqué ? Réflexe de métier ? Comparaison avec un concurrent ? Tant que tu ne sais pas, tout ce que tu réponds part dans le brouillard.
Quatre questions qui font sortir la vraie contrainte :
- « Par rapport à quoi, 890, c'est trop ? »
- « Vous aviez prévu quel montant de votre côté ? »
- « Qu'est-ce qui se passe si on reste sur ce tarif ? »
- « C'est le montant qui coince, ou le moment ? »
Puis tu te tais. Vraiment. Le silence en vente travaille mieux que n'importe quelle réponse préparée. Ce qui sort dans ces trois secondes gênantes vaut de l'or : très souvent, l'acheteur revoit sa demande à la baisse tout seul, ou t'explique que ce n'est pas une histoire d'argent.
Un échange qui revient tout le temps :
Toi. Puis plus rien pendant trois secondes.
« Par rapport à quoi, 890, c'est trop ? »
Lui, qui finit par remplir le blanc.
« En vrai c'est surtout que le budget de l'année est cramé, il faut que ça passe en janvier. »
Toi. Et c'est réglé.
« Alors on signe maintenant et je facture en janvier. On démarre quand vous voulez. »
Le tarif n'a pas bougé d'un euro. Ce n'était jamais une négo de prix, c'était une négo de calendrier. Si tu avais répondu « ok je regarde ce que je peux faire » à la première phrase, tu offrais 15 % pour un problème qui n'existait pas.
Technique 5 : découpe ton offre, pas ton prix
Si tu dois vraiment descendre, ne descends pas le chiffre tout seul : enlève quelque chose en même temps. C'est ça qui protège la valeur de ce que tu vends.
❌ « Je vous mets tout ça à 700 au lieu de 890. » ✅ « À 700, on part sans l'accompagnement au démarrage. On pourra le rajouter plus tard si vous en avez besoin. »
Dans le premier cas, tu viens de reconnaître que ton offre valait 700 depuis le début. Dans le second, elle vaut toujours 890, l'acheteur en a juste pris moins. Minuscule à dire, énorme à vivre au renouvellement.
Pour ça, prépare tes formules avant l'appel, en écrivant noir sur blanc ce que chacune contient et ce qu'elle n'a pas. Chez moi ça donne ça :
| Formule | Prix | Dedans | Ce qui saute |
|---|---|---|---|
| Entrée | 590 € / mois | 5 utilisateurs, la plateforme, le support par mail | Pas d'accompagnement au démarrage, pas d'intégration CRM |
| Standard | 890 € / mois | 15 utilisateurs, intégration CRM, 2 h d'onboarding | Pas de point de suivi mensuel |
| Complète | 1 400 € / mois | Utilisateurs illimités, onboarding sur mesure, un point tous les mois | Rien, c'est le plein tarif |
Et la phrase qui va avec, quand il pousse : « à 700 on n'est plus sur la standard. On peut partir sur l'entrée à 590, vous gardez la plateforme et vous démarrez seul. Vous préférez laquelle des deux ? »
Et oui, 590 c'est sous le plancher de 750 de la technique 1. C'est exactement le truc : un plancher vaut pour un périmètre donné. Tu enlèves l'accompagnement et l'intégration, tu changes de produit, donc de plancher. Tu ne t'es pas renié, tu as vendu autre chose.
Sans ces trois lignes écrites avant l'appel, la seule variable qui te reste, c'est le montant. Et là tu négocies contre toi-même.
Technique 6 : repère les 5 tactiques d'acheteur
Un acheteur pro négocie toute la journée : ce sont des réflexes de métier, pas des attaques personnelles. Les cinq que tu vas croiser en boucle :
| Ce qu'il dit | Ce que c'est | Ta réponse |
|---|---|---|
| « Votre concurrent est 30 % moins cher » | La comparaison, souvent invérifiable | « Ils vous proposent quoi exactement ? Sur quel périmètre ? » |
| « Encore un petit geste et on signe » | Le salami, une tranche après l'autre | « J'ai déjà bougé une fois. On reste là-dessus. » |
| « Le budget est bouclé pour l'année » | Le budget-mur | « On signe maintenant, on démarre en janvier. » |
| « Il faut que j'en parle à mon boss » | L'autorité limitée | « On l'appelle ensemble ? Ce sera plus rapide que par mail. » |
| « Il me faut une réponse ce soir » | La deadline artificielle | « Je vous réponds demain matin, ça vous va ? » |
Rien de tout ça n'est malhonnête. Tu le nommes dans ta tête, tu ne le prends pas pour toi, tu réponds calmement. Ce qui fait céder, ce n'est presque jamais l'argument d'en face, c'est la petite panique qu'il déclenche.
Technique 7 : sache arrêter (et pourquoi ton pipe te donne ce droit)
Le no deal n'apparaît nulle part dans les articles sur le sujet, et c'est pourtant ce qui rapporte le plus. À un moment, tu dois pouvoir dire : « là, on est trop loin. Je préfère qu'on en reste là plutôt que de vous vendre une version rabotée qui vous décevra. » Porte fermée proprement, et souvent un rappel deux mois plus tard.
Reste à savoir quand. Moi j'ai deux déclencheurs écrits sur le même post-it que le plancher, et je n'improvise pas :
- il campe sous mon plancher (750) et ne bouge plus ;
- il redemande un geste après que j'ai déjà bougé une fois, sans rien mettre en face.
Dans les deux cas je sors la même chose : « je vais être honnête, à ce niveau-là je perds de l'argent sur votre dossier, donc je vais mal vous servir. On en reste là, et si le budget bouge en janvier, vous m'appelez. » Puis je me tais et je laisse le silence faire. Une fois sur trois environ, il revient sur son chiffre dans les vingt secondes qui suivent. Les deux autres fois, tu viens d'économiser trois mois à courir après un deal qui t'aurait coûté de l'argent.
Sauf que tu ne peux dire ça que si ce deal-là n'est pas vital. Ce n'est pas une technique, c'est ton pipe. Le commercial qui n'a qu'une affaire en cours cède sur tout, quelle que soit sa maîtrise des méthodes.
Et un pipe, ça se remplit en ayant beaucoup de conversations avec des gens ciblés. Pas en appelant la terre entière au hasard : le volume sert à filtrer vite, à sentir en trois minutes si ça matche, et à mettre ton énergie sur ceux qui mordent. C'est ce que fait un logiciel de prospection téléphonique avec du parallel dialing : plus de conversations qualifiées par jour, donc plus de rendez-vous dans le tuyau, donc moins de raisons de brader. Et avant de négocier, vérifie que le deal en vaut la peine : qualifier un prospect au téléphone t'évite les batailles sur ce qui ne se serait jamais signé.
◆ Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z ›Négocier au téléphone : les 3 réglages qui changent tout
La plupart des conseils qu'on lit supposent une salle de réunion, avec des paragraphes entiers sur où placer les chaises. En B2B PME, ça se joue au casque. Trois différences :
- Ta voix porte tout. Pas de posture, pas de regard. Un débit calme vaut trois arguments : quand tu annonces ton chiffre, ralentis au lieu d'accélérer. Le test que je fais en écoutant mes enregistrements : le prix doit sortir en trois morceaux, « c'est / huit cent quatre-vingt-dix euros / par mois », avec une vraie respiration juste avant le chiffre. Si tu l'as balancé d'une traite en montant dans les aigus, tu viens de t'excuser, et il l'a entendu.
- Le silence pèse trois fois plus lourd. En face à face, on remplit le blanc avec un sourire. Au téléphone, deux secondes semblent en durer dix, et c'est presque toujours l'autre qui craque. Compte jusqu'à trois avant de reprendre la parole.
- La prise de notes est un avantage invisible. Personne ne te voit écrire. Note ses mots exacts et ressors-les lui dix minutes plus tard : « vous m'avez dit que le sujet, c'était le délai de mise en route, pas le montant. » Ça change tout le reste de la conversation.
Un dernier point : une demande de remise n'est pas une objection de barrage. Si tu bloques plutôt sur les « pas le temps » du début d'appel, va voir traiter les objections au téléphone, et l'argumentaire téléphonique pour le fond du discours.
Garde le tableau des tactiques et la liste des contreparties sous le coude avant ton prochain closing. Le reste des scripts est rangé ici :
◆ Catégorie · ScriptsTous les scripts de prospection téléphonique ›Bref : décide ton plancher à froid, pose ton chiffre en premier, n'offre jamais rien sans demander quelque chose en échange, et garde assez de conversations en cours pour pouvoir dire non. Le prix, ça ne se défend pas pendant l'appel. Ça se prépare avant. 😉
Questions fréquentes
Quelles sont les principales techniques de négociation commerciale ?
Préparer ton plancher et ton plan B avant l'appel, poser ton prix en premier sans t'excuser, ne jamais concéder sans contrepartie, faire parler l'acheteur avant de défendre, découper ton offre plutôt que ton prix, reconnaître les tactiques d'achat classiques, et savoir arrêter quand le deal ne vaut plus le coup.
Comment négocier sans baisser son prix ?
Tu ne défends pas un prix, tu défends un périmètre. Si l'acheteur veut payer moins, tu enlèves quelque chose (moins d'utilisateurs, moins d'accompagnement, un engagement plus long). Le montant bouge, la valeur de ce que tu vends ne bouge pas. Et chaque geste se paye : engagement, paiement en une fois, témoignage, mise en relation.
Quelles sont les étapes d'une négociation commerciale ?
Préparation (plancher, plan B, contreparties listées), ouverture (le premier chiffre, c'est le tien), exploration (tu fais parler avant de répondre), échange (une concession contre une contrepartie), puis conclusion ou arrêt net. La plupart des gens sautent la première étape et improvisent à chaud.
Qu'est-ce que la MESORE (ou BATNA) en négociation commerciale ?
C'est ton plan B, traduit en français : ce que tu fais si ce deal ne se signe pas. Plus ton plan B est solide (d'autres opportunités en cours), plus tu négocies calmement. La MESORE ne se construit pas pendant l'appel, elle se construit dans ton pipe des semaines avant.
Comment négocier au téléphone quand on ne voit pas son interlocuteur ?
Tu ralentis, tu laisses le silence travailler après ta phrase de prix, et tu prends des notes en direct pour lui recracher ses mots exacts plus tard. Au téléphone, la voix est ton seul levier non verbal : un débit calme vaut trois arguments.