- Les 7 mots à éviter, en un coup d'œil
- Pourquoi un mot fait raccrocher (ce n'est pas sa connotation)
- Les mots qui s'excusent : « déranger », « juste », « petit », « désolé »
- Les mots qui offrent une porte de sortie : « si », « peut-être », « intéressé »
- Les mots de vendeur de foire : « solution », « gratuit », « offre exceptionnelle »
- Les 3 faux interdits que tu peux dire sans crainte
- Les tics qui pèsent plus lourd que les mots
- Comment repérer TES mots parasites en 10 minutes
- Questions fréquentes
« Bonjour, je ne vous dérange pas ? » « Bah… si, un peu. » Clic.
J'ai passé des semaines à croire que le souci venait de mon produit, de ma voix ou de l'heure d'appel. En vrai, ça se jouait sur mes six premiers mots. Je tendais la perche moi-même, et le type en face la prenait. Normal.
Un mot ne plombe pas un appel parce qu'il est « négatif ». Il le plombe parce qu'il déclenche un réflexe chez ton prospect : s'excuser, sortir, déléguer, reporter. Au programme : les 7 mots qui coûtent le plus cher, la phrase exacte à dire à la place, les 3 faux interdits qu'on te répète pour rien, et comment repérer TES mots parasites en 10 minutes. 📞
Ce que tu vas trouver :
- Le tableau des 7 mots (le mot, ce qu'il déclenche, quoi dire à la place)
- Pourquoi c'est le réflexe qui compte, pas la connotation
- Les mots qui s'excusent, ceux qui ouvrent la porte de sortie, ceux qui font vendeur de foire
- Les 3 faux interdits que tu peux dire tranquille
- Les tics qui pèsent plus lourd que les mots
- Comment repérer tes mots parasites en réécoutant 3 appels
Les 7 mots à éviter, en un coup d'œil
Tu es entre deux appels et tu veux la liste, tout de suite ? La voilà. Garde ce tableau sous le coude. 🔖
| Le mot | Ce que le prospect entend | Ce que tu dis à la place |
|---|---|---|
| Déranger | « Il sait qu'il gêne, je peux le virer. » | « Vous avez 30 secondes ? » |
| Juste / petit | « Même lui trouve que ça ne vaut rien. » | « J'ai deux questions, puis je vous laisse. » |
| Désolé | « Il n'est pas légitime. » | « Merci de prendre l'appel. » |
| Si | « C'est une hypothèse, ça ne me concerne pas. » | « Vos commerciaux passent combien d'appels par jour ? » |
| Intéressé | « On me demande de trancher, je dis non. » | « Aujourd'hui, vous faites comment pour…? » |
| Solution | « Plaquette commerciale, je décroche. » | « Ça remplace la composition des numéros à la main. » |
| Gratuit | « Il y a un piège. » | « Je vous montre 15 minutes, vous jugez. » |
Ces corrections, tu les retrouves en contexte dans nos scripts d'appel à froid.
Pourquoi un mot fait raccrocher (ce n'est pas sa connotation)
Tu as forcément lu la liste classique : remplace « problème » par « défi », « coût » par « investissement », « vendre » par « proposer ». Moi je pense que c'est un mauvais conseil.
Un acheteur B2B repère « défi » en trois secondes. Ça ne sonne pas positif, ça sonne formation commerciale de 1998. Et pendant ce temps-là, le mot qui a vraiment fait dérailler ton appel, personne ne l'a nommé.
La bonne grille de lecture, ce n'est pas « ce mot est-il positif ou négatif ». C'est : quel réflexe il déclenche chez le type qui vient de décrocher.
Il y en a cinq, et les 7 mots tombent tous dans l'un d'eux :
- Le réflexe d'excuse : tu t'excuses, il te traite comme quelqu'un qui s'excuse.
- Le réflexe de sortie : tu lui offres une porte, il la prend.
- Le réflexe de délégation : tu lui donnes un nom à te refiler, il te refile un nom.
- Le réflexe de report : tu ouvres une hypothèse, il la repousse à plus tard.
- Le réflexe de méfiance : tu promets trop beau, il cherche l'entourloupe.
Une fois que tu vois ça, plus besoin d'apprendre 50 mots par cœur. Tu écoutes ta phrase et tu te demandes : est-ce que je viens de lui tendre quelque chose ?
Les mots qui s'excusent : « déranger », « juste », « petit », « désolé »
La famille la plus coûteuse, et de loin. Elle abîme l'appel avant même que tu aies dit pourquoi tu appelles.
❌ « Bonjour, je ne vous dérange pas ? » Seule réponse honnête possible : « si ». Tu fabriques toi-même l'objection que tu vas devoir traiter.
✅ « Bonjour Marc, Paul de Paradial. Vous avez 30 secondes, je vous dis pourquoi j'appelle ? » Tu assumes, tu bornes le temps, tu demandes un accord sur un truc minuscule.
❌ « Je vous prends juste 2 petites minutes. » « Juste » et « petit » disent la même chose : ce que je vais te raconter ne vaut pas grand-chose. Tu te dévalues avant d'ouvrir la bouche.
✅ « J'ai deux questions. Selon vos réponses, soit ça vaut un échange, soit je vous laisse tranquille. »
- « Je ne vous dérange pas ? »
- « Juste 2 petites minutes »
- « Désolé de vous déranger »
- Le prospect mène l'échange
- Tu passes pour un intrus
- « Vous avez 30 secondes ? »
- « Deux questions, puis je vous laisse »
- « Merci de prendre l'appel »
- Tu gardes la main sur le cadre
- Tu passes pour un pro qui appelle un pro
Ton ouverture décide de la suite : le mot à mot des 20 premières secondes est détaillé dans l'accroche en cold call.
Les mots qui offrent une porte de sortie : « si », « peut-être », « intéressé »
Ceux-là sont plus sournois, parce qu'ils ont l'air polis.
❌ « Est-ce que ça vous intéresse ? » Tu demandes à quelqu'un qui ne t'a pas encore compris de se prononcer. Par défaut, un humain pressé répond non. Ce n'est même pas une objection, c'est un réflexe de survie.
✅ « Aujourd'hui, vos commerciaux composent les numéros à la main ou vous avez un outil ? » Une question de situation. Factuelle. Il peut y répondre sans s'engager, et toi tu récoltes de quoi le qualifier vraiment.
❌ « Si un jour vous cherchiez à améliorer vos taux de décroché… » Le conditionnel te propulse dans un futur lointain. Personne n'agit dans un futur lointain.
✅ « Sur les 3 derniers mois, votre taux de décroché a bougé dans quel sens ? »
❌ « C'est vous le décisionnaire ? » Tu lui souffles la sortie de secours la plus confortable du monde : « non, voyez avec Untel ». Et Untel, tu ne l'auras jamais.
✅ « Sur ce genre de sujet, vous décidez avec qui en interne ? » Même info récupérée, sauf que là il reste dans la boucle.
❌ « On pourrait peut-être en reparler la semaine prochaine ? » « Peut-être » transforme ton rendez-vous en option. Une option, ça s'oublie.
✅ « Jeudi 11h ou vendredi 15h, vous préférez lequel ? » Deux créneaux précis, il n'a plus qu'à choisir. S'il n'est pas dispo, il te proposera lui-même une autre heure.
Et quand un mot déclenche quand même une objection, les ripostes sont dans traiter les objections au téléphone.
Les mots de vendeur de foire : « solution », « gratuit », « offre exceptionnelle »
Contre-pied de ce que tu liras ailleurs : beaucoup d'articles rangent « solution » dans les mots à adopter. Au téléphone, c'est un marqueur de plaquette. Dès que tu dis « notre solution innovante », l'oreille en face décroche, même si la personne continue poliment à faire « hmm hmm ».
❌ « On propose une solution innovante de prospection téléphonique. »
✅ « Concrètement, notre outil compose plusieurs numéros en même temps et ne vous passe la main que quand quelqu'un décroche. »
La deuxième phrase est vérifiable : elle décrit un geste, pas une promesse.
Pareil pour « gratuit » et « offre exceptionnelle ». En B2B, un cadeau non demandé dans les 30 premières secondes déclenche la méfiance, pas la curiosité. Remplace le mot magique par le cadre.
❌ « J'ai une offre exceptionnelle pour vous, et l'essai est totalement gratuit. »
✅ « Je vous montre 15 minutes, vous jugez, et si ça ne vous parle pas on en reste là. »
Tu n'as rien retiré : c'est toujours gratuit, et il l'a compris. Sauf que tu as vendu le cadre au lieu de vendre le cadeau.
Les 3 faux interdits que tu peux dire sans crainte
Le web recopie des interdits qui n'en sont pas, et à force on apprend aux commerciaux à mentir maladroitement. Ces trois-là, tu peux les sortir tranquille :
- « C'est un appel commercial. » Sur « c'est à quel sujet ? », la franchise désarme mieux que la pirouette. Mot à mot : « C'est un appel commercial, je vous le dis tout de suite. Vous me donnez 30 secondes, et si ça ne vous parle pas je raccroche le premier. » La première fois que je l'ai sortie, c'était à un directeur commercial d'une boîte de services IT qui venait de me couper au bout de quatre secondes. Trois secondes de silence, puis il a rigolé : « au moins vous, vous le dites ». On a calé le rendez-vous dans la foulée, et je ne l'ai jamais retirée de mon ouverture depuis.
- « Je vais vous vendre quelque chose, mais seulement si ça vous sert. » Il sait déjà pourquoi tu appelles. Le nier te coûte ta crédibilité.
- « Je fais de la prospection. » Ce n'est pas un gros mot. Ce qui est mal vu, c'est de prospecter sans avoir regardé qui on appelle.
Perso, c'est ce qui m'a le plus fait progresser au téléphone. Arrêter de tourner autour du pot m'a rapporté plus de rendez-vous que n'importe quelle astuce de vocabulaire.
Les tics qui pèsent plus lourd que les mots
Tu peux avoir un lexique parfait et sonner mal quand même. Ce que ton prospect entend en premier, ce ne sont pas tes mots choisis, ce sont tes bouche-trous.
- « Euh… » en début de phrase : tu annonces que tu improvises.
- « Du coup » comme respiration : trois fois en une minute et on n'entend plus que ça.
- « En fait » : souvent le signe que tu corriges ce que tu viens de dire, donc que tu doutes.
- « Voilà » en fin de phrase : ça ferme mollement au lieu de rendre la main.
Le remède n'est pas de parler plus vite pour les masquer, c'est le silence. Un blanc d'une demi-seconde à la place d'un « euh » te fait passer pour quelqu'un qui réfléchit, pas pour quelqu'un qui rame.
Ça se travaille sur trois appels, pas sur trois semaines :
- Appel 1 : tu comptes. Un doigt posé sur la table à chaque bouche-trou que tu t'entends dire. Tu ne corriges rien, tu prends la mesure.
- Appel 2 : tu fermes la bouche. Dès que tu sens le « euh » monter, tu t'arrêtes net et tu comptes « un » dans ta tête avant de repartir. C'est inconfortable pour toi, inaudible pour lui.
- Appel 3 : tu remplaces. À la place du bouche-trou, une phrase de relais courte : « je reformule », « je vais droit au but », ou une question.
❌ « Euh… du coup, en fait, nous on aide les équipes commerciales à, voilà, passer plus d'appels. »
✅ « On fait passer plus d'appels aux équipes commerciales. » (un blanc d'une seconde) « Vous en êtes à combien par jour, chez vous ? »
Même contenu, même durée. Sauf que la deuxième version se termine par une question au lieu de se terminer par « voilà ».
Comment repérer TES mots parasites en 10 minutes
Lire une liste de mots interdits ne t'apprend pas lesquels tu dis. L'exercice prend un quart d'heure :
- Prends 3 appels enregistrés d'affilée. Pas tes meilleurs, les banals. Si tu n'en as pas, mets l'enregistrement des appels en place avant tout le reste.
- Papier, stylo, une colonne par mot : « juste », « désolé », « déranger », « intéressé », « euh », « du coup ». Tu coches à chaque fois que tu l'entends.
- Regarde la colonne la plus remplie. C'est ton mot. Un seul.
- Corrige celui-là pendant une semaine, sa phrase de rechange écrite en gros devant toi. Un post-it scotché sous l'écran, deux lignes : « ❌ JUSTE » et en dessous « ✅ J'ai deux questions ». C'est tout. Sept mots d'un coup, et tu parles comme un robot.
- La semaine d'après, tu passes au suivant.
Et un point d'honnêteté pour finir : le vocabulaire améliore ta marge, il ne remplace pas ton ciblage. Aucune phrase de rechange ne sauvera un appel passé à quelqu'un qui n'a rien à faire de ton sujet. Chez nous, le téléphone sert à pré-qualifier des gens choisis en amont, et le volume sert à filtrer vite, pas à arroser. C'est ce volume, sur une liste propre, qui te fait entendre ton mot fautif : à 20 appels par jour, tu mets tout sur le dos du hasard. À 120, tu entends la phrase qui casse, toujours au même endroit. 🎯
◆ Guide completProspection téléphonique : la méthode complète de A à Z ›Une fois tes mots corrigés, remets-les au propre dans ta trame d'appel. Pour le niveau au-dessus (le comportement, pas le lexique), va voir les erreurs de prospection téléphonique, et nos scripts de prospection téléphonique t'évitent la page blanche.
Bref : arrête de t'excuser, arrête d'offrir des portes de sortie, dis ce que tu fais avec des mots vérifiables. Et corrige un mot par semaine, pas sept. 😉
Questions fréquentes
Quels sont les mots à éviter en prospection téléphonique ?
Les 7 qui coûtent le plus cher : déranger, juste (et son copain petit), désolé, si, intéressé, solution, gratuit. Exemple : « Je ne vous dérange pas ? » se remplace par « Bonjour Marc, Paul de Paradial, vous avez 30 secondes ? »
Quelles phrases ne faut-il jamais dire à un prospect au téléphone ?
« Je ne vous dérange pas ? » (tu offres le non), « Je vous prends juste 2 petites minutes » (tu dis toi-même que ça ne vaut rien), « Est-ce que ça vous intéresse ? » (tu demandes un oui avant qu'il ait compris), « C'est vous le décisionnaire ? » (tu l'invites à te renvoyer sur quelqu'un d'autre).
Faut-il vraiment remplacer « problème » par « défi » au téléphone ?
Non, et perso je trouve même que c'est contre-productif. « Défi » sonne consultant en séminaire. Quand le prospect dit « problème » lui-même, c'est le meilleur mot de tout l'appel : reprends-le tel quel. Ce qu'il faut éviter, c'est de coller un problème dans la bouche de quelqu'un qui ne l'a jamais exprimé.
Quels mots utiliser au téléphone avec un prospect ?
Des mots vérifiables : un chiffre, le nom de son marché, le nom de son outil, « vous », des verbes d'action. Tout ce que le prospect peut confirmer ou contredire dans sa tête pendant que tu parles. Zéro superlatif, zéro adjectif de plaquette.
Comment savoir quels mots je répète sans m'en rendre compte au téléphone ?
Réécoute 3 de tes appels enregistrés d'affilée, avec un papier, et coche à chaque fois que tu entends « juste », « désolé », « euh », « du coup ». Tu vas être surpris. Puis corrige un seul mot par semaine, pas sept d'un coup.