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Objection « rappelez-moi dans 6 mois » : comment répondre

« Rappelez-moi dans 6 mois », c'est parfois vrai, souvent poli. La question qui trie en 10 secondes, 8 réponses à copier, et quoi faire des 6 mois qui suivent.

Objection « rappelez-moi dans 6 mois » : comment répondre

« Écoutez, rappelez-moi dans 6 mois. » 📅 Tu notes, tu remercies, tu raccroches presque content : ce n'est pas un non. Et six mois plus tard, tu rappelles quelqu'un qui ne se souvient ni de toi, ni de la conversation, ni de pourquoi il t'avait dit ça.

Perso, je trouve que c'est l'objection la plus traître de toutes. « C'est trop cher », au moins, ça se discute tout de suite. Là, le prospect ne ferme pas la porte : il la met sur minuterie. Voilà comment je trie le vrai délai du non déguisé en calendrier, et ce que je fais des six mois du milieu.

⚡ En clair

Ce que tu vas trouver :

  • Les 3 traductions de « rappelez-moi dans 6 mois »
  • La question qui trie en 10 secondes
  • 8 réponses à copier, classées par situation
  • Comment transformer un délai en date + fait déclencheur
  • Ce que tu fais pendant les 6 mois, et le jour du rappel
  • La règle d'arrêt (celle que personne n'écrit)

« Rappelez-moi dans 6 mois », ça veut dire quoi en vrai (3 traductions)

Même phrase, trois situations qui n'ont rien à voir. Ce qui les sépare, ce n'est pas le ton du prospect, c'est le niveau de précision de ce qui suit.

Les trois traductions de « rappelez-moi dans 6 mois » : délai réel daté, refus poli, défausse d'un non-décideur

1. Le délai réel et daté. Il est engagé jusqu'en mars, son budget se vote en janvier, il recrute au printemps. Il te le dit spontanément, avec un mois, un nom, un chiffre. Vrai lead, juste pas maintenant.

2. Le refus poli déguisé en calendrier. Il ne veut pas te vexer, alors il te donne une date lointaine plutôt qu'un non franc. Le signe qui ne trompe pas : ça tombe tôt dans l'appel, avant qu'il ait posé la moindre question, et derrière c'est le flou total.

3. La défausse du non-décideur. Il n'a pas la main et ne va pas te l'avouer, donc le calendrier lui sert de paravent. Souvent au « on » : « on refera le point après l'été ». Ta vraie question n'est plus « quand », c'est « qui ».

(La méthode générale, valable pour toutes les objections, est dans l'article sur le traitement des objections au téléphone.)

La question qui trie en 10 secondes : « qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? »

Tu acceptes d'abord, franchement, sans négocier une seconde. Puis :

« Carrément, je note. Juste pour préparer le terrain : qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? »

Elle marche parce qu'elle ne conteste rien : ni le délai, ni la personne en face. Tu demandes juste un fait. Et un fait, soit il existe, soit il n'existe pas. Tout ton tri est là.

  • Du concret (« notre contrat court jusqu'en avril », « le budget se cale en janvier ») : délai réel, tu enchaînes sur la date.
  • Du flou (« on verra », « faut voir avec l'équipe ») : non poli. Tu ne t'accroches pas, tu sors proprement : « Ok, honnêtement je préfère ne pas vous relancer dans le vide pendant six mois. Vous avez mon nom, si ça bouge chez vous vous me faites signe. » Tu notes en froid, tu passes au suivant.
❌ Ce qui braque
  • « Pourquoi 6 mois ? »
  • « Et si je vous montrais que c'est urgent ? »
  • « 6 mois c'est long, on ne peut pas avancer avant ? »
✅ Ce qui fait parler
  • « Carrément, je note. Qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? »
  • « Ça se joue sur quoi, la date ? Un contrat, un budget ? »
  • « Vous préférez que je revienne avant ou après votre renouvellement ? »

À gauche, tu lui demandes de justifier sa décision : il se ferme, ou il invente une raison. À droite, tu demandes un élément de contexte, et il te le donne sans sentir que tu es en train de le qualifier. C'est le principe même de la qualification d'un prospect au téléphone : tu ne débats pas, tu collectes.

S'il se braque, la version douce marche presque aussi bien : « C'est plutôt une question de timing, ou le sujet ne vous parle pas du tout ? » Un vrai non maintenant vaut mieux qu'un faux oui dans six mois.

8 réponses prêtes à dire (classées par situation)

Garde cette partie sous le coude, chaque réplique a SON contexte.

1. La réponse par défaut, celle que j'utilise 8 fois sur 10

« Carrément, je note. Juste pour préparer le terrain : qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? »

2. Il t'a donné un vrai fait (contrat, budget, recrutement)

« Parfait, on se reparle après avril. Je vous rappelle la première semaine de mai, vous serez encore dessus ? »

3. Il reste flou et tu veux savoir si ça vaut le coup

« Pour être honnête, dans 6 mois je vais vous rappeler et vous ne vous souviendrez pas de moi. Là, en deux mots : le sujet vous parle, oui ou non ? »

4. Tu sens la défausse du non-décideur

« Très bien. Et d'ici là, c'est vous qui trancherez ce genre de sujet, ou quelqu'un d'autre le pilote ? »

5. Il est en contrat jusqu'à une date

« Logique, je ne vais pas vous embêter avec ça maintenant. Votre contrat se renouvelle tacitement, ou vous devez prévenir avant ? »

6. Il dit « rappelez-moi » sans jamais donner de mois

« Je note. Vous me dites plutôt début d'année ou plutôt après l'été ? Je bloque le bon créneau, comme ça je ne vous relance pas dix fois entre-temps. »

7. Le deuxième « dans 6 mois » du même prospect

« On s'était dit la même chose en janvier. Du coup je préfère demander franchement : je vous relance à l'automne, ou je vous laisse tranquille et vous me rappelez si ça bouge ? »

8. Tu veux sécuriser la trace écrite

« Impeccable. Je vous envoie deux lignes par mail pour qu'on ait la date tous les deux, et je vous rappelle à ce moment-là. »

Les variantes saisonnières

« En septembre », « après les vacances », « à la rentrée », « au prochain budget »... même objection, autre horloge, même mécanique. Un piège : « après les vacances », les gens le disent en juin, en juillet ET en août. Fais poser un mois, sinon tu vas rappeler tout septembre dans le vide :

« "Après les vacances", pour vous c'est plutôt fin août ou plutôt mi-septembre ? »

Même réflexe sur « au prochain budget » : « il se vote quel mois, votre budget ? ». Tant qu'il n'y a pas de mois dans ta note, tu n'as rien noté.

Transformer « dans 6 mois » en une date dans ton agenda

Un jeudi de novembre, un responsable logistique me sort son « rappelez-moi dans 6 mois », puis ajoute une phrase : leur prestataire transport était engagé jusqu'au printemps. J'ai noté « 15 avril, fin d'engagement transport, trouve les délais de livraison trop longs, dit "on subit" ». Six mois plus tard je le rappelle, je lui ressors ses mots, il me répond « ah oui, c'est vous ». Rendez-vous calé dans la foulée. Le même mois, j'ai rappelé une dizaine de lignes notées juste « rappel dans 6 mois ». Pas un seul ne se souvenait de quoi que ce soit.

Ce n'est pas la mémoire du prospect qui a fait la différence, c'est ma note. 📝

Deux lignes de suivi comparées : « rappel dans 6 mois » sans contexte, contre une date précise avec le fait déclencheur et les mots du prospect

Trois choses à obtenir avant de raccrocher :

  • Un mois précis. « Plutôt mars ou plutôt avril ? » Deux options, il en choisit une.
  • Une semaine. « Je vous rappelle la première semaine de mars, ça vous va ? » Une date qu'il a validée, c'est une micro-promesse.
  • Le fait déclencheur. Fin de contrat, budget, recrutement, arrivée d'un nouveau responsable. S'il ne l'a pas lâché tout seul, tu le demandes en une phrase : « c'est lié à quoi, cette date ? Un contrat qui se termine, un budget ? »

Et tu ne notes pas « à rappeler » : tu notes la date, le fait, et deux ou trois mots du prospect entre guillemets. Où ça vit importe peu, tant que c'est fiable : un tableau de suivi des appels suffit au début.

Ce que tu fais pendant les 6 mois (et le jour du rappel)

Six mois de silence, c'est six mois pour te faire oublier. Six mois de relances, c'est le meilleur moyen de retourner un tiède en froid. Le bon dosage est ridiculement léger.

Le jour même. Un mail de confirmation de trois lignes : ce qu'il t'a dit, la date convenue, ta signature. Ta seule trace écrite, et ce qui rendra ton rappel légitime (la trame est ici). Tu peux copier celui-là tel quel :

Objet : notre échange, on se reparle en mai

Bonjour Monsieur Berger,

Suite à notre appel : votre contrat transport court jusqu'au 15 avril, je vous rappelle la première semaine de mai comme convenu.

Si votre calendrier bouge avant, un mot et je m'aligne.

Paul

Sur l'intervalle. Un ou deux points de contact, pas plus, et qui parlent de SON sujet. Jamais ta plaquette, jamais « je reviens vers vous pour savoir si vous avez avancé ».

❌ « Bonjour, je me permets de revenir vers vous. Avez-vous avancé sur le sujet ? » ✅ « Bonjour Monsieur Berger, je suis tombé sur une étude sur les délais de livraison en Île-de-France, ça m'a fait penser à votre "on subit". Je vous la mets en pièce jointe, rien à vendre, on se reparle en mai comme prévu. »

La première lui demande un effort et lui rappelle qu'il te doit quelque chose. La deuxième ne demande rien du tout, et c'est exactement pour ça qu'on y répond. Pour cadrer l'ensemble : une séquence de prospection multicanal.

L'exception. Un événement déclencheur (levée de fonds, recrutement sur ton sujet, changement de dirigeant) t'autorise à rappeler plus tôt : « j'ai vu que vous recrutiez deux commerciaux, ça change peut-être votre calendrier ? »

Le jour J, tu ouvres avec ses mots.

❌ « Bonjour, je vous rappelle comme convenu. » ✅ « Bonjour Monsieur Berger, on s'était parlé en novembre, vous m'aviez dit de vous rappeler début avril, vous étiez sur la fin de votre contrat transport. »

La première, il l'entend dix fois par semaine. La deuxième prouve que tu as écouté et que tu tiens parole, et presque personne ne le fait. La suite de l'appel est dans le script de relance téléphonique.

Les 5 erreurs qui transforment un « dans 6 mois » en zéro

  • Accepter le délai sans poser de date. Six mois, ça veut dire septembre pour lui et août pour toi.
  • Argumenter l'urgence pour raccourcir. « Plus vous attendez, plus ça vous coûte » : tu viens de lui dire qu'il gère mal sa boîte.
  • Promettre le rappel et ne pas le faire. J'ai laissé filer deux dossiers comme ça : la date était dans ma tête, pas dans mon outil. Si rien ne te la remet sous le nez le jour J, elle n'existe pas.
  • Relancer tous les mois « pour rester présent ». Au troisième mail, tu n'es plus présent, tu es lourd.
  • Noter le lead sans noter pourquoi. Ça donne un appel qui commence par « euh, on s'était parlé il y a quelques mois... ».

Ma vision : la moitié des « dans 6 mois » ne sont pas des leads

Le truc que je n'ai pas envie de dire, parce qu'il pique quand on débute : un « dans 6 mois » sans fait daté derrière, ce n'est pas un lead. C'est un non poli, et le ranger dans une colonne « à rappeler » ne le transforme pas en opportunité. Ça fabrique un pipeline de confort : un onglet bien rempli qui rassure le vendredi soir et qui ne signe rien. Du coup ma règle ne bouge plus : pas de fait, pas de date. Pas de date, pas de rappel.

Et si tu entends cette phrase sur 6 appels sur 10, arrête de chercher la bonne réplique. Soit ton accroche de cold call parle de ton produit au lieu d'un problème qu'il a aujourd'hui, soit ton fichier vise des boîtes hors cycle. Ça se règle en amont, pas au téléphone.

Un onglet plein de rappels sans contexte d'un côté, quarante numéros qualifiés à composer dans l'heure de l'autre

C'est aussi pour ça que je défends le volume, mais jamais le volume aveugle. On appelle des gens qualifiés, choisis en amont, et le téléphone sert à les trier vite. Ce qui te permet de lâcher sereinement un « dans 6 mois » douteux, c'est d'avoir quarante autres numéros pertinents à composer dans l'heure. Et ce qui te permet de ne pas perdre les vrais, c'est que la date vive dans l'outil qui compose, pas sur un post-it.

Catégorie · OutilsLe rappel daté et son contexte, directement dans l'outil qui compose

🔖 Ton antisèche (colle ça à côté de ton écran)

Les 3 traductions : fait daté spontané = vrai délai. Dit tôt et flou derrière = refus poli. Formulé au « on » = non-décideur.

La question de tri : « Carrément, je note. Juste pour préparer le terrain : qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? »

La phrase qui suit :

« Parfait, on se reparle après avril. Je vous rappelle la première semaine de mai ? »

Ce que tu notes : la date (mois + semaine), le fait déclencheur, deux ou trois mots du prospect entre guillemets.

L'intervalle : mail de confirmation le jour même, un ou deux contacts utiles, rappel anticipé uniquement sur événement déclencheur. Le jour J : tu ouvres avec ses mots.

La règle d'arrêt : pas de fait, pas de date. Pas de date, pas de rappel.

D'autres trames prêtes à l'emploi sont dans la catégorie scripts d'appel. Et la méthode complète, du fichier au rendez-vous :

Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z

Bref : tu ne discutes jamais le délai, tu demandes ce qui aura changé, et tu ne gardes que ceux qui ont une vraie raison. Les autres ne t'ont pas dit « plus tard », ils t'ont dit non... avec le sourire. 😉

Questions fréquentes

« Rappelez-moi dans 6 mois », c'est un vrai oui ou un refus poli ?

Les deux existent, et ils se ressemblent au téléphone. Le test tient en une question : « qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? ». Une réponse factuelle et datée (fin de contrat, budget voté en janvier, recrutement prévu) = délai réel. Une réponse floue (« on verra », « il faut que j'en parle ») = refus poli. Traite les deux différemment dès la seconde qui suit.

Que répondre à un prospect qui dit « rappelez-moi dans 6 mois » ?

Tu acceptes, tu ne discutes pas le délai, et tu poses une seule question pour l'ancrer : « Carrément, je note. Juste pour préparer le terrain, qu'est-ce qui aura changé d'ici là ? » Ensuite tu transformes le délai en date précise (« je vous rappelle la première semaine de mars, ça vous va ? ») et tu confirmes par mail le jour même.

Faut-il essayer de raccourcir le délai ?

Non, pas frontalement. Argumenter l'urgence juste après un « dans 6 mois », c'est contredire le prospect et se faire raccrocher au nez. La seule façon légitime de raccourcir, c'est qu'il te donne lui-même un problème qui existe aujourd'hui, en répondant à ta question de tri. Si ça arrive, tu rebondis dessus. Sinon tu prends la date et tu passes au suivant.

Comment relancer un prospect qui a dit « dans 6 mois » ?

Tu rappelles à la date convenue, pas avant, et tu ouvres avec ses propres mots : « vous m'aviez dit de vous rappeler début mars, vous étiez sur le renouvellement de votre contrat ». Ça prouve que tu as écouté et que tu tiens parole, et quasiment personne ne le fait. Entre les deux, un ou deux points de contact maximum, jamais une relance mensuelle.

« Ce n'est pas le bon moment », c'est la même objection ?

C'est la même famille, en plus flou. « Dans 6 mois » te donne au moins un repère de temps, « ce n'est pas le bon moment » n'en donne aucun. La première chose à faire est donc d'en obtenir un. Même méthode ensuite : tu acceptes, tu demandes ce qui aura changé, tu poses une date.

Faut-il garder le contact pendant les 6 mois ?

Oui, mais léger. Un mail de confirmation le jour même, un ou deux signes de vie utiles sur la période (un contenu qui concerne son sujet, pas ta plaquette), et une exception : si un événement déclencheur tombe (levée de fonds, recrutement, changement de dirigeant), tu as une vraie raison de rappeler plus tôt.

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