Stratégie

Organiser une session de prospection téléphonique en 2h

Le planning minuté d'une session de prospection téléphonique de 2h : liste à préparer, blocs d'appels, codes de saisie, relances J+1. À copier pour demain.

Organiser une session de prospection téléphonique en 2h

Ci-dessous, tu as le planning complet d'une session de prospection téléphonique de 2 heures, de la veille au lendemain, avec les codes de saisie à coller à côté de ton écran. Copie-le tel quel dans ton agenda, et ajuste les heures à ta journée.

Quand Durée Ce que tu fais Ce qui doit être prêt à la fin
La veille 20 min Sortir la liste : un seul segment (même métier, même taille de boîte), numéros vérifiés, triés par priorité 50 à 60 contacts ciblés + une accroche écrite pour CE segment
J, 8h45 15 min Échauffement : relire la trame et les 3 objections du segment, ouvrir l'agenda pour poser les RDV, couper mails et Slack Trame + agenda ouverts, téléphone et casque testés
9h00 50 min Bloc d'appels n°1 : tu enchaînes, tu ne rédiges rien, une lettre par appel 20 à 30 numéros composés
9h50 10 min Pause debout + saisie du bloc 1 dans le CRM, mails de confirmation des RDV posés CRM à jour, RDV confirmés
10h00 50 min Bloc d'appels n°2 : même règle 20 à 30 numéros composés
10h50 10 min Saisie du bloc 2, rappels programmés, 1 ligne de bilan Rappels datés, bilan noté
J+1 15 min Rappeler tous les « rappelle-moi » et « occupé » en premier, avant la nouvelle liste Zéro rappel en retard

Les codes de saisie (un post-it, six lettres, c'est tout) :

  • R = RDV posé (date notée)
  • C = rappeler (date et heure notées)
  • D = pas le décideur (nom du N+2 noté)
  • N = non, pas intéressé (motif en 2 mots)
  • X = pas de réponse ou répondeur
  • F = faux numéro (à sortir du fichier)

La ligne de bilan à recopier en fin de session : Date | segment | composés | conversations | RDV | rappels J+1

🔖 Garde ce bloc sous le coude. La suite explique chaque ligne, puis déroule une session complète.

Frise horaire d'une session de prospection téléphonique de 2 heures, de la veille au lendemain

Étape 1 : bloquer le créneau (et pas une journée entière)

Une session qui marche, ce n'est pas de la motivation : c'est un créneau posé dans l'agenda comme un rendez-vous client, que personne ne peut déplacer. Jeb Blount, dans Fanatical Prospecting, conseille de bloquer les une à deux premières heures de la journée. Je suis d'accord avec lui, et pour une raison très terre à terre : à 9h, personne ne t'a encore pris ta matinée.

Par contre, je ne suis pas d'accord avec le conseil qu'on lit encore dans certaines formations : « fais des journées entières de phoning plutôt qu'une heure par jour ». Perso, je pense que c'est le meilleur moyen de faire beaucoup d'appels et peu de rendez-vous. Au-delà de 3 à 4 heures de composition réelle par jour, la voix se fatigue, tu écoutes moins, tu relances moins bien. Et surtout, une journée par semaine, ça veut dire que tes « rappelle-moi » attendent sept jours.

Deux heures, tous les jours, le matin. Pour affiner le créneau selon les métiers que tu appelles, tout est dans le meilleur moment pour appeler un prospect.

Étape 2 : dimensionner la liste avant de la remplir

Le « prépare 100 leads pour 2 heures » qu'on voit passer partout ne sort de nulle part. Le bon chiffre se calcule :

Contacts à préparer = RDV visés ÷ (taux de décroché × taux de conversation utile × taux de RDV) + 20 % de marge

Avec des taux moyens en B2B (20 % de décroché, 1 décroché sur 2 qui devient une vraie conversation, 1 conversation sur 5 qui donne un RDV), ton taux de RDV par appel est de 20 % × 50 % × 20 % = 2 %. Donc pour 2 RDV, il faut 100 numéros composés, et 120 contacts avec la marge pour les faux numéros.

Et là, ça coince. À la main, tu composes 20 à 30 numéros par heure. Deux heures, c'est 40 à 60 numéros. Pas 100. Tu as deux options : viser 1 RDV par session (honnête), ou réduire le temps mort entre deux appels. Ce que tu ne fais pas, c'est remplir avec n'importe qui pour « faire du volume » : le volume sert à filtrer des gens déjà ciblés, pas à arroser.

Fais le calcul avec tes propres taux : ton objectif de RDV du mois, divisé par ton taux de RDV par appel, te donne le nombre de numéros à composer, puis d'heures de téléphone par jour.

Entonnoir d'une session de 2 heures : 60 numéros composés, 12 décrochés, 6 conversations utiles, 1 RDV

Étape 3 : préparer la liste la veille

Vingt minutes la veille, pas le matin même : 30 minutes à chercher des numéros le matin, et ta session de 2 heures en fait 1h30.

  • Un seul segment par session. Même métier, même taille de boîte. Tu gardes la même accroche du premier au dernier appel, et au 15e tu la dis beaucoup mieux qu'au premier.
  • Numéros vérifiés. Un standard général ou un numéro mort, c'est un appel brûlé.
  • Triés par priorité. Les meilleurs profils en haut, quand tu es le plus frais.

❌ « Liste du jour : 60 contacts, des DRH, deux directeurs commerciaux, un DAF, trois boîtes de 2 000 personnes. »

✅ « Liste du jour : 55 responsables commerciaux de SaaS de 50 à 200 salariés, numéro direct vérifié, accroche sur le temps passé à composer. »

Pourquoi le second marche : tu parles à 55 personnes qui ont le même problème. Tu sens vite qui mord, et tu passes au suivant sans forcer quand ça ne matche pas.

Et l'accroche, tu l'écris en une phrase, pour ce segment-là et pas un autre. Pour la liste ci-dessus, ça donne :

« Bonjour Julien, Paul de Paradial. Je t'appelle parce que la plupart des responsables commerciaux de SaaS avec qui je parle me disent que leurs SDR passent plus de temps à attendre la sonnerie qu'à parler. C'est un sujet chez toi aussi, ou pas du tout ? »

Une question fermée à la fin, pour qu'il puisse te dire non vite. Si tu ne peux pas écrire cette phrase la veille, c'est que ton segment est encore trop large.

Pour construire la liste elle-même, c'est constituer un fichier de prospection téléphonique. Pour savoir qui mérite d'y être, l'ICP.

Étape 4 : l'échauffement de 15 minutes

8h45. Tu relis ta trame à voix haute une fois (si tu n'en as pas, pioche dans ces 10 scripts d'appel à froid). Tu relis les 3 objections que ce segment te sort le plus souvent, avec ta réponse à chacune (les réponses sont ici). Tu ouvres ton agenda pour proposer deux créneaux précis dès qu'on te dit oui. Tu coupes mails et Slack.

Les deux créneaux, ça s'entend tout de suite :

❌ « Tu serais dispo quand pour qu'on en parle ? »

✅ « Je te propose jeudi 10h ou vendredi 14h, 20 minutes. Qu'est-ce qui t'arrange le mieux ? »

Pourquoi : la première question lui donne du travail (ouvrir son agenda, chercher, revenir vers toi). La seconde lui laisse juste un choix à faire, et le RDV est posé avant de raccrocher.

Pour les objections, une ligne de réponse par objection suffit, écrite à côté de ta trame. Par exemple, pour « envoyez-moi un mail » :

« Avec plaisir. Pour t'envoyer un truc utile et pas une plaquette, juste une question : aujourd'hui, c'est quoi qui te prend le plus de temps sur ce sujet ? »

Ça paraît bête, mais sans échauffement ton premier appel est souvent le pire de la matinée... et tu le grilles sur un de tes meilleurs contacts, puisqu'ils sont en haut de liste.

Étape 5 : les blocs d'appels, enchaîner sans écrire

Pendant 50 minutes, tu ne rédiges rien. Une lettre par appel sur ton post-it ou dans une colonne, et tu passes au suivant. Pas de recherche Google entre deux appels, pas de mail « je vous envoie ça tout de suite » : ça se fait pendant les 10 minutes de saisie.

Un seul réflexe à garder en direct : quand tu tombes sur quelqu'un d'intéressé qui n'est pas le décideur, tu demandes « et qui est au-dessus de toi sur ce sujet ? ». Tu notes D et le nom. C'est souvent ton meilleur appel du lendemain.

J'ai fait le métier de SDR moi-même pendant des mois en montant Paradial, casque sur la tête. Un matin, j'avais tout bien fait : deux heures bloquées, café, liste propre et bien ciblée. À midi : 60 numéros composés... et 4 conversations. Les gens étaient en réunion, pas à leur bureau. Ma liste n'avait aucun problème. Ce qui avait mangé ma session, c'était le temps passé à attendre des gens absents, sonnerie après sonnerie.

Ce chiffre-là (autour de 7 % de conversations), c'est la réalité d'une session manuelle. Si tu tournes autour, tu n'es pas nul, tu es normal. Et si tu fais plus de 100 appels par jour, c'est précisément ce temps mort qu'un parallel dialer supprime. En dessous, ton levier est ailleurs : la liste, le créneau, l'accroche.

Post-it avec les six codes de saisie R, C, D, N, X, F collé au bord d'un écran

Étape 6 : saisir et relancer, la session finit le lendemain

La saisie groupée, c'est 10 minutes après chaque bloc, pas une heure le vendredi. C'est là que se perdent les « rappelle-moi » : un C noté sur un post-it qui n'arrive jamais dans le CRM, c'est un prospect qui t'a dit « pas maintenant » et que tu traites comme un « non ». Ton CRM ou un tableau de suivi des appels, peu importe, du moment que chaque C a une date.

Ensuite, deux règles qu'on applique chez nous :

  • « Rappelle-moi » ou « occupé » = rappel le lendemain. En tête de session, avant la nouvelle liste. Pas dans trois jours.
  • Le relais 3 jours. Si tu as écrit à quelqu'un sur LinkedIn ou par mail, que tu as son numéro et qu'il ne répond pas depuis 3 jours ouvrés, il entre dans ta liste d'appels.

Dernier truc : ta ligne de bilan ne sert à rien si tu ne la lis pas. Après cinq sessions, regarde-la et pose-toi une seule question, selon ce qui cloche :

  • Moins de 5 % de conversations (conversations ÷ composés) : le problème, c'est le créneau ou les numéros. Change d'heure, ou vérifie que tu appelles des lignes directes et pas des standards.
  • Des conversations, mais 0 RDV : le problème, c'est l'accroche ou le segment. Réécris ta phrase d'ouverture, ou resserre la liste.
  • Des C qui s'empilent sans jamais devenir des R : tu acceptes trop vite le « rappelle-moi ». La prochaine fois, demande « tu préfères que je te rappelle jeudi matin ou vendredi ? » et note l'heure exacte.

Pour ce que tu dis quand tu rappelles, j'ai mis les phrases dans le script de relance téléphonique. Et pour un lead qui vient de lever la main, n'attends même pas la session du lendemain : rappelle-le dans les 5 minutes.

◆ Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z ›

Exemple déroulé : la session d'une SDR SaaS, de la veille au lendemain

Prenons un cas fictif mais réaliste : Léa, SDR dans un SaaS RH, qui vise des PME de 50 à 200 salariés. Ses taux sont ceux de l'étape 2 (2 % de RDV par appel). Objectif affiché : 2 RDV.

La veille, 17h30. Elle fait le calcul : 2 RDV à 2 %, c'est 100 appels. Impossible en 2 heures à la main. Elle garde l'objectif de 2 RDV, mais sur deux jours : 1 RDV dans la session, 1 dans les rappels du lendemain. Elle sort 60 responsables RH de PME industrielles, numéros directs vérifiés, triés par taille.

8h45. Trame relue à voix haute. Les 3 objections du segment : « on a déjà un logiciel », « envoyez-moi un mail », « c'est la DG qui décide ». Agenda ouvert sur deux créneaux à proposer.

Bloc 1, 9h00 à 9h50. 28 composés, 3 conversations. Une RRH d'une boîte de 120 personnes accepte un RDV jeudi : R. Deux personnes demandent de rappeler : C, C. Une responsable paie trouve le sujet intéressant mais ce n'est pas elle qui décide : D, avec le nom de sa DRH. Le reste : des X, deux F.

9h50. Saisie. Mail de confirmation pour jeudi. Les deux C datés au lendemain 9h. La DRH ajoutée en tête de liste.

Bloc 2, 10h00 à 10h50. 26 composés, 2 conversations, 0 RDV, 1 N (« on vient de changer d'outil », noté comme motif), 1 C.

10h50. Bilan : 01/10 | RRH PME industrie | 54 | 5 | 1 | 3. Soit 9 % de conversations, 1 RDV. Pile dans le calcul.

J+1, 9h00. Avant de toucher la nouvelle liste, Léa rappelle les 3 C et la DRH du D. Deux répondent, un RDV posé. Objectif atteint, sur deux jours, comme prévu la veille.

Tu vois le point ? Le deuxième RDV ne vient pas de la session elle-même, il vient de la discipline du lendemain.

Ta prochaine session, c'est demain matin

Bloque 9h-11h dans ton agenda maintenant, copie le planning du haut, et fais le calcul avec tes taux pour savoir combien de contacts sortir ce soir. Pour aller plus loin sur la stratégie, tout est rangé dans la catégorie stratégie de prospection téléphonique.

Questions fréquentes

Combien de temps doit durer une session de prospection téléphonique ?

Deux heures, découpées en 2 blocs de 50 minutes avec 10 minutes de saisie après chacun. C'est assez long pour prendre le rythme, assez court pour garder une voix et une écoute fraîches. Sur une journée, ne dépasse pas 3 à 4 heures de composition réelle : au-delà, tu fais du chiffre mais plus de RDV.

Combien de contacts préparer pour 2 heures d'appels ?

Prends tes RDV visés et divise par ton taux de RDV par appel (décroché × conversation utile × RDV). À 2 %, il faut 50 numéros composés par RDV. À la main, tu composes 20 à 30 numéros par heure, donc 40 à 60 sur la session : prépare 50 à 60 contacts ciblés, et vise 1 RDV, pas 5.

Vaut-il mieux prospecter une journée entière ou un peu chaque jour ?

Un peu chaque jour. 2 heures bloquées le matin, tous les jours, valent mieux qu'une journée par semaine : ta voix tient, et surtout tes « rappelle-moi » sont rappelés le lendemain au lieu de la semaine suivante, quand plus personne ne se souvient de toi.

Quel est le meilleur moment pour une session de phoning ?

Le début de matinée (avant que les agendas se remplissent de réunions) et la fin d'après-midi. Ça varie selon les métiers que tu appelles : tout est détaillé, créneau par créneau, dans l'article sur le meilleur moment pour appeler un prospect.

Comment ne pas perdre les rappels après une session ?

Trois réflexes : une lettre par appel pendant le bloc (R, C, D, N, X, F), la saisie groupée dans le CRM juste après chaque bloc, et le lendemain, tous les rappels passent avant la nouvelle liste. Un rappel daté qui n'est pas en tête de session, c'est un rappel qui saute.

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