Juste en dessous, tu as 30 questions fermées qui tuent un appel de prospection, chacune avec ce que le prospect répond vraiment et la réécriture qui le fait parler, rangées dans l'ordre d'un appel à froid. Et sous le tableau, les 3 questions fermées que je garde exprès, parce qu'au téléphone elles font un boulot que l'ouverte ne sait pas faire. 📞
| Étape | Question fermée qui tue l'appel | Ce que le prospect répond | Réécriture qui fait parler |
|---|---|---|---|
| Ouverture | 1. « Je vous dérange ? » | « Oui. » | « Bonjour Marc, c'est Paul. J'ai vu que vous étiez directeur commercial chez [boîte] et j'aurais aimé vous poser une petite question à ce sujet. » (tu annonces, tu ne demandes pas la permission) |
| Ouverture | 2. « Vous connaissez [notre outil] ? » | « Non. » | « Comment vos commerciaux s'organisent pour appeler, aujourd'hui ? » |
| Ouverture | 3. « Vous avez reçu mon mail ? » | « Je ne sais plus. » | « Je vous ai écrit mardi sur vos sessions d'appel. Comment ça se passe chez vous, ce sujet-là ? » |
| Ouverture | 4. « Vous êtes bien le responsable commercial ? » | « Non, c'est pas moi. » | « Qui s'occupe de la prospection chez vous ? » |
| Ouverture | 5. « Ça vous intéresse ? » | « Non merci. » | « Ce qui revient chez les directeurs commerciaux, c'est [problème]. Comment ça se passe chez vous ? » |
| Ouverture | 6. « Vous avez cinq minutes ? » | « Pas vraiment. » | « Je vous prends deux minutes, et si ce n'est pas un sujet, vous me le dites. » |
| Découverte | 7. « Vous prospectez par téléphone ? » | « Un peu. » | « Comment vos commerciaux trouvent leurs nouveaux clients aujourd'hui ? » |
| Découverte | 8. « Vous utilisez un CRM ? » | « Oui, HubSpot. » | « Une fois raccroché, l'appel atterrit où chez vous ? » |
| Découverte | 9. « Vous êtes satisfait de votre outil actuel ? » | « Ça va. » | « Qu'est-ce que vous changeriez dans votre outil actuel, si vous pouviez ? » |
| Découverte | 10. « Vous avez du mal à joindre vos prospects ? » | « Comme tout le monde. » | « Sur une matinée d'appels, combien de fois vous tombez sur une vraie personne ? » |
| Découverte | 11. « Votre équipe fait beaucoup d'appels ? » | « Oui, assez. » | « Une journée type d'un de vos SDR, ça ressemble à quoi ? » |
| Découverte | 12. « C'est un problème pour vous ? » | « Pas vraiment. » | « Quand ça arrive, qu'est-ce que ça vous coûte, concrètement ? » |
| Découverte | 13. « Vous avez déjà essayé autre chose ? » | « Oui. » | « Qu'est-ce que vous avez déjà tenté là-dessus, et pourquoi ça n'a pas tenu ? » |
| Découverte | 14. « Vos commerciaux aiment appeler ? » | « Bof. » | « Comment vos commerciaux vivent les sessions d'appel ? » |
| Découverte | 15. « Vous avez des objectifs de rendez-vous ? » | « Oui. » | « Combien de rendez-vous il faut à l'équipe ce trimestre, et vous en êtes où ? » |
| Découverte | 16. « Ça marche bien en ce moment ? » | « Ça va. » | « Qu'est-ce qui marche le mieux dans votre prospection en ce moment ? » |
| Qualification | 17. « Vous avez un budget ? » | « Non. » | « Quand une équipe veut un nouvel outil chez vous, comment ça se passe ? » |
| Qualification | 18. « C'est vous qui décidez ? » | « Oui. » (même quand c'est faux) | « À part vous, qui donne son avis sur ce genre de choix ? » |
| Qualification | 19. « C'est urgent ? » | « Non. » | « Si rien ne change d'ici six mois, qu'est-ce qui se passe ? » |
| Qualification | 20. « Vous êtes nombreux dans l'équipe ? » | « Une dizaine. » | « Combien de personnes appellent chez vous, et combien d'heures par semaine ? » |
| Qualification | 21. « Vous êtes engagé avec un fournisseur ? » | « Oui. » | « Votre contrat actuel arrive à échéance quand ? » |
| Qualification | 22. « Vous seriez prêt à changer ? » | « Non. » | « Qu'est-ce qu'il faudrait voir pour que ça vaille le coup de changer ? » |
| Qualification | 23. « C'est une priorité ? » | « Pas en ce moment. » | « Où ça se place dans vos priorités du trimestre ? » |
| Qualification | 24. « Ça correspond à vos besoins ? » | « Peut-être. » | « Qu'est-ce qui manquerait pour que ça colle à votre équipe ? » |
| Rendez-vous | 25. « On pourrait se voir ? » | « Envoyez-moi un mail. » | « Jeudi 16h ou vendredi 10h, qu'est-ce qui vous arrange ? » |
| Rendez-vous | 26. « Je vous envoie une documentation ? » | « Oui. » (et elle finit à la corbeille) | « Qu'est-ce que vous auriez besoin de voir pour vous faire un avis ? » |
| Rendez-vous | 27. « Vous avez des questions ? » | « Non. » | « Qu'est-ce qui vous ferait hésiter à prendre ce rendez-vous ? » |
| Rendez-vous | 28. « Je peux vous rappeler ? » | « Oui, oui. » (et il ne décroche plus) | « Quel moment de la semaine prochaine est le plus calme pour vous ? » |
| Rendez-vous | 29. « Je peux inviter quelqu'un d'autre ? » | « Non, pas besoin. » | « Qui d'autre devrait voir ça avec vous pour que ça avance ? » |
| Rendez-vous | 30. « Ça vous va ? » | « Oui. » | « Pour être sûr qu'on se comprend : vous attendez quoi de ce rendez-vous ? » |
Une bonne réécriture coche ces 4 cases :
- elle commence par Comment, Qu'est-ce que, Combien, Qui ou Quel ;
- elle porte sur sa journée ou son équipe, jamais sur ton produit ;
- une seule question à la fois, puis tu te tais ;
- elle reste concrète (une matinée, un trimestre, une personne), jamais « vos besoins ».
🔖 Les 3 questions fermées à garder exprès
- « C'est un sujet chez vous, ou pas du tout ? » La question de tri. Là, tu veux un oui ou un non, et vite. Oui : tu creuses. Non : tu remercies et tu passes au suivant, sans forcer.
- « Jeudi 16h, c'est possible ? » Le closing. Une date précise, une réponse courte. Une ouverte à ce moment-là rouvre le débat que tu viens de fermer.
- « Si je résume : [A], [B], [C], c'est bien ça ? » La reformulation. Elle valide ce que tu vas noter et transmettre, et le prospect corrige lui-même ce qui est faux.
Garde ce tableau sous le coude avant ta prochaine session. La suite explique pourquoi il est rangé comme ça.
Question ouverte ou fermée : la différence en 30 secondes
Tout le monde dit la même chose là-dessus, donc je fais court. Une question fermée appelle une réponse courte (oui, non, un chiffre, un nom). Une question ouverte laisse la personne répondre avec ses mots. L'ouverte explore, la fermée valide. Et on alterne les deux selon le moment.
Ce qu'on lit moins, c'est ce que ça donne au téléphone, à froid :
| Question fermée | Question ouverte | |
|---|---|---|
| Ce qu'elle t'obtient | Un oui, un non, une info précise | Un morceau de sa journée, ses mots à lui |
| Durée de la réponse | 1 seconde | 10 à 30 secondes s'il s'y met |
| Le risque au téléphone | Le « non » qui termine l'appel | La question trop large qui donne « rien de particulier » |
| Là où elle gagne | Le tri, le rendez-vous, la reformulation | L'ouverture et la découverte |
La question alternative (« mardi ou jeudi ? »), c'est une fermée à choix. Tu ne demandes plus s'il veut te voir, tu demandes quand. Elle a sa place à la fin de l'appel, pas avant.
Au téléphone, la question fermée tue l'appel... sauf trois fois
Pourquoi la fermée est si dangereuse à froid ? Ton prospect n'a rien demandé, et sa réaction par défaut, c'est de chercher la sortie. Tu lui tends un oui ou un non... il prend le non. « Ça vous intéresse ? », « Non merci », et c'est fini. Tu lui as donné la porte, il l'a prise.
Mais je ne suis pas d'accord avec ce qu'on lit partout, que la fermée serait une question de second rang, à éviter. Au téléphone, il y a un moment où tu veux un oui ou un non, et vite : c'est le tri.
Moi je n'appelle pas n'importe qui. La liste est ciblée en amont, ce sont des gens qui ont une vraie chance d'avoir le problème. Mais « une chance », ce n'est pas une certitude. Alors après l'ouverture, je pose ma question de tri : « C'est un sujet chez vous, ou pas du tout ? » Tu poses la question, tu te tais, tu écoutes. Si c'est oui, je creuse avec des ouvertes. Si c'est « pas du tout », je dis merci et je passe au suivant. Je ne me bats pas. Le volume d'appels sert exactement à ça : filtrer vite pour garder mon énergie pour ceux qui mordent.
Sans elle, tu peux même croire qu'un appel était bon. Ça m'est arrivé sur un de mes propres appels. Il y avait une démo au bout, donc je lui avais mis une très bonne note de tête. À la réécoute, je n'avais posé aucune question de tri : le prospect avait fait tout le travail, et moi j'avais juste eu de la chance. Depuis, je note avant de regarder s'il y a un rendez-vous (la grille d'évaluation d'un appel téléphonique est faite pour ça).
Les deux autres fermées à garder viennent à la fin. Le closing : « Jeudi 16h, c'est possible ? ». Si tu demandes « Qu'est-ce qui vous arrangerait comme moment ? », tu rouvres une discussion qui était close. Et la reformulation : « Si je résume, vos commerciaux passent leurs matinées sur des répondeurs, vous êtes trois à décider, et vous voulez avancer avant la fin du trimestre, c'est bien ça ? ». Un oui, ou une correction. Les deux t'arrangent.
Le piège de la question ouverte trop large
Là, c'est l'erreur inverse, et elle est recommandée un peu partout : « Quels sont vos besoins ? ». C'est ouvert, c'est poli, et à froid ça ne marche pas.
Vingt secondes après avoir décroché, il n'a rien préparé et il ne va pas réfléchir pour toi. Il te sort « rien de particulier », et tu es aussi coincé qu'après un « Ça vous intéresse ? » 😅
| ❌ Ouverte trop large | ✅ Ouverte qui marche | Pourquoi |
|---|---|---|
| « Quels sont vos besoins ? » | « Une matinée d'appels de vos SDR, ça ressemble à quoi ? » | Il te décrit une vraie matinée, il n'a rien à inventer |
| « Quels sont vos enjeux en ce moment ? » | « Combien de rendez-vous il faut à l'équipe ce trimestre ? » | Un chiffre qu'il connaît par cœur |
La règle que je me donne : une ouverte qui marche porte sur une chose concrète de sa journée. Une matinée, une équipe, un trimestre, une personne. Il sait y répondre sans réfléchir, et en racontant, il te donne le problème tout seul.
Je l'ai vu en direct sur un appel qui a fini en démo. Je n'ai rien vendu à ce moment-là. Je lui ai retourné la question sur son équipe, et il m'a raconté que ses commerciaux passaient leurs matinées à composer pour tomber sur des répondeurs. Là, j'ai compris que je n'avais plus qu'à me taire et à proposer le jeudi. Une ouverte concrète pour le faire parler, une fermée pour caler le créneau. C'est tout le comparatif en deux phrases.
Comment réécrire une question fermée en 3 secondes
Le truc, c'est de ne pas partir de ta question. Pars de la réponse que tu veux entendre.
Exemple : tu as envie de demander « Vous avez du mal à joindre vos prospects ? ». Qu'est-ce que tu veux vraiment savoir ? Combien de vraies personnes il a au bout du fil sur une session. Donc tu demandes ça : « Sur une matinée d'appels, combien de fois vous tombez sur une vraie personne ? ». Comment, Qu'est-ce que, Combien, Qui, Quel... tu prends le mot qui mène à cette réponse, et tu accroches un moment concret derrière.
Ma réécriture préférée, je l'ai apprise en me plantant. Un directeur commercial décroche, je lance ma question, et il me coupe : « C'est pas moi qui gère ça. » Rien de prêt pour ce cas-là, alors j'ai bafouillé un « ah d'accord, merci » et j'ai raccroché sans savoir à qui parler. Depuis, ma checklist a une ligne pour ça : « Pas la bonne personne → qui s'en occupe chez vous ? ». C'est la ligne 4 du tableau. La fermée « Vous êtes bien le responsable ? » m'aurait donné le même non, sans le nom.
Deux pièges quand tu réécris :
- Empiler. « Comment vous prospectez, avec quel outil, et vous êtes combien ? » Il répond à la dernière et oublie les deux autres. Une question, une seule : « Comment vos commerciaux trouvent leurs nouveaux clients aujourd'hui ? ». L'outil et la taille de l'équipe sortent souvent tout seuls dans sa réponse, et sinon tu les demandes après, un par un.
- Remplir le silence. Tu poses ta belle ouverte, il réfléchit deux secondes, et tu paniques : « ...enfin, je veux dire, est-ce que vous appelez beaucoup ? ». Tu viens de la refermer toi-même. Tu poses la question, tu te tais, tu comptes jusqu'à trois dans ta tête. S'il bloque vraiment, tu l'aides avec un exemple au lieu d'une fermée : « Par exemple, sur une matinée type, ça se passe comment ? ». Si le silence te met mal à l'aise, j'ai écrit une page entière sur le silence en vente.
Quel dosage sur un appel de 3 minutes
Je ne vais pas te donner un ratio ouvertes / fermées au pourcentage près, personne n'a de chiffre sérieux là-dessus. Par contre, je peux te donner l'ordre dans lequel je les pose.
- Une annonce, pas une question. « Bonjour Marc, c'est Paul. J'ai vu que vous étiez directeur commercial chez [boîte] et j'aurais aimé vous poser une petite question à ce sujet. » Il dit « allez-y », et tu as son attention.
- Une ouverte concrète, ou le problème posé en une phrase. « Ce qui revient souvent chez les directeurs commerciaux, c'est que leurs équipes passent plus de temps à chercher des numéros qu'à appeler... » Ou, si tu préfères le faire parler tout de suite : « Comment vos commerciaux trouvent leurs nouveaux clients aujourd'hui ? »
- La fermée de tri. « C'est un sujet chez vous, ou pas du tout ? » Et tu te tais. Non : merci, suivant.
- Une ou deux ouvertes, seulement si ça matche. Les lignes 7 à 24 du tableau. Pas besoin de toutes les poser : deux bonnes suffisent.
- L'alternative pour le rendez-vous. « Jeudi 16h ou vendredi 10h, qu'est-ce qui vous arrange ? »
- La fermée de reformulation. « Si je résume : [A], [B], [C], c'est bien ça ? »
Tu vois la logique ? Les fermées encadrent, les ouvertes remplissent le milieu. Et le milieu n'existe que si la question de tri a dit oui.
Perso, c'est pour ça que je trouve le comparatif « ouverte contre fermée » un peu mal posé. Au téléphone, ce n'est pas l'une ou l'autre, c'est chacune à sa place. Et plus tu as de conversations avec des gens bien ciblés, plus tu peux te permettre de trier franchement au point 3 au lieu de t'accrocher à chaque appel. C'est l'idée derrière un logiciel de prospection téléphonique comme Paradial : te faire parler à plus de gens qualifiés, pour que ta question de tri fasse son travail.
Je l'ai vécu avec un responsable commercial qui m'avait rappelé après une session. Au lieu de lui dérouler Paradial, je lui ai retourné la question sur son équipe, et il m'a raconté que ses commerciaux passaient leurs matinées à composer pour tomber sur des répondeurs. Là, je n'avais plus qu'à me taire et à proposer le jeudi.
Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z›D'autres scripts prêts à l'emploi (accroches, objections, plans d'appel) t'attendent dans les scripts de prospection téléphonique.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une question ouverte et une question fermée ?
Une question fermée appelle une réponse courte : oui, non, un chiffre, un nom. Une question ouverte laisse la personne répondre avec ses mots, elle commence en général par Comment, Qu'est-ce que, Combien ou Qui. En prospection, la fermée sert à trier et à valider, l'ouverte sert à faire parler ton prospect de sa journée.
Comment transformer une question fermée en question ouverte ?
Pars de la réponse que tu veux vraiment entendre, puis pose la question qui y mène avec Comment, Qu'est-ce que, Combien ou Qui. « Vous prospectez par téléphone ? » devient « Comment vos commerciaux trouvent leurs nouveaux clients aujourd'hui ? ». Et surtout, tu la fais porter sur un truc concret de sa journée ou de son équipe, jamais sur « vos besoins ».
Quand faut-il poser une question fermée en vente ?
Trois fois, et exprès : pour trier (« C'est un sujet chez vous, ou pas du tout ? »), pour caler le rendez-vous (« Jeudi 16h, c'est possible ? ») et pour reformuler avant de raccrocher (« Si je résume : A, B, C, c'est bien ça ? »). Partout ailleurs dans un appel à froid, la fermée te donne un oui ou un non et l'appel s'arrête là.
Quelles questions poser lors d'un appel de prospection ?
Sur un appel de 3 minutes : une annonce (« j'aurais aimé vous poser une petite question à ce sujet »), une ouverte concrète sur son équipe, une fermée de tri, une ou deux ouvertes si ça matche, une alternative pour le rendez-vous et une fermée de reformulation. Les 30 exemples en haut de cette page sont rangés dans cet ordre.
Qu'est-ce qu'une question alternative en vente ?
C'est une question fermée à choix : tu proposes deux options et la personne en prend une. Le cas typique, c'est le rendez-vous : « Jeudi 16h ou vendredi 10h, qu'est-ce qui vous arrange ? ». Tu ne demandes plus s'il veut te voir, tu lui demandes quand. Utilise-la à la fin, pas au début : en ouverture, ça sonne comme un piège.