- Le plan sur 4 semaines, à copier
- Un lead ESN, c'est un besoin de renfort avec une date
- Qui cibler : DSI, directions métier et les boîtes de 50 à 500 salariés
- Les canaux dans l'ordre : le téléphone sur liste qualifiée, LinkedIn, puis l'email
- Semaine 1 : la liste et les boîtes mail
- Semaine 2 : le téléphone, 2 minutes par contact
- Semaine 3 : l'email et la relance LinkedIn
- Semaine 4 : deuxième passage et tri de la liste
- Les chiffres à attendre sur un mois
- Le piège de l'appel d'offres
- Les demandes entrantes : rappeler en moins de 5 minutes
- Externaliser à une agence : quand oui, quand non
- Questions fréquentes
Une ESN qui attend les recommandations et les appels d'offres ne génère pas de leads, elle subit le calendrier des autres. Voilà le plan que je donnerais à une seule personne, commercial ou fondateur, pour sortir des besoins datés en 4 semaines : la cible, le canal, le volume, la ligne à dire et ce que tu mesures, semaine par semaine.
Le plan sur 4 semaines, à copier
| Semaine | Cible | Canal | Volume | Ce que tu dis en une ligne | Ce que tu mesures |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 : la liste et les boîtes mail | 100 comptes de 50 à 500 salariés, 2 secteurs max, 150 contacts : DSI, responsable d'études, direction métier qui porte un projet | Sales Navigator + enrichissement des numéros ; connexions LinkedIn sans message ; achat de 2 domaines dédiés et 3 boîtes par domaine, mises en chauffe | 100 comptes, 150 contacts avec numéro, 20 connexions par jour | Rien, on ne vend pas cette semaine. Note d'invitation si tu y tiens : « Bonjour Marc, je suis les sujets SI des industriels de la région, ravi d'être connecté. » | Contacts avec numéro direct + rôle + techno (objectif 70 %) ; taux d'acceptation LinkedIn |
| 2 : le téléphone | Les 150 contacts, DSI et responsables d'études d'abord | Téléphone, 2 blocs de 2 h le matin (mardi à jeudi) | 40 numéros par bloc, 150 contacts passés une fois | « Bonjour Marc, c'est Paul de [ESN]. J'ai vu que vous étiez DSI chez [boîte], j'aurais une petite question : vous avez un besoin de renfort sur [techno] dans les trois mois, ou pas du tout ? » | Joignabilité, conversations, besoins datés (profil + date + durée), rendez-vous de 20 min posés |
| 3 : l'email et la relance LinkedIn | Les injoignables de la semaine 2 ; les connexions acceptées sans réponse | Email depuis les domaines chauffés (objet : prénom + « tu ») ; message LinkedIn court, puis appel 3 jours après | 50 emails par boîte et par jour max ; 30 relances LinkedIn ; rappel des « rappelez-moi » le lendemain | Objet : « Marc, tu renforces l'équipe data ? » Corps en 3 lignes : qui tu places, chez qui, une question. LinkedIn : « Marc, je t'appelle jeudi 10 h pour une question de 2 minutes, ça te va ? » | Taux de réponse par domaine, rendez-vous issus de l'email, « ah oui j'avais vu passer » au téléphone |
| 4 : deuxième passage et tri | Tous les contacts sans réponse ; les besoins datés de la semaine 2 | Téléphone (deuxième passage à un autre créneau), puis tri de la liste en 3 statuts : besoin daté, pas maintenant (date de rappel), hors cible | 150 numéros repassés, 2 blocs de 2 h | « Bonjour Marc, c'est Paul, je vous avais laissé un message la semaine dernière, je refais le point en une question : un renfort [techno] d'ici fin de trimestre, oui ou non ? » | Rendez-vous tenus, besoins datés en pipeline, liste triée pour le mois suivant ; le ratio conversations / besoins datés |
Trois réglages qui font la différence entre ce plan et ce que font la plupart des ESN :
- ❌ « Je vous appelle pour vous présenter notre ESN et nos expertises cloud, data et cyber. » ✅ « Vous avez un besoin de renfort sur [techno] dans les trois mois, ou pas du tout ? » Pourquoi : le DSI n'achète pas une ESN, il achète une personne à une date. La première phrase lui demande de s'intéresser à toi, la seconde lui demande juste s'il a un problème.
- ❌ Lead = « DSI intéressé, à recontacter ». ✅ Lead = « 1 dev Java senior, démarrage janvier, 6 mois, décideur : responsable d'études ». Pourquoi : sans date, pas de staffing, donc pas de lead. « Intéressé », ça ne se met pas dans un planning.
- ❌ Email envoyé depuis le domaine principal de l'ESN, objet « Présentation de nos services ». ✅ Domaine dédié chauffé 2 à 3 semaines, objet « Marc, tu renforces l'équipe data ? ». Pourquoi : un objet qui ressemble à une pub se classe en pub, et une campagne depuis ton domaine principal, c'est ta boîte de facturation qui finit en spam avec.
Garde le tableau dans tes notes. La suite, c'est le pourquoi de chaque ligne, et le geste exact de chaque semaine.
Un lead ESN, c'est un besoin de renfort avec une date
Une ESN ne vend pas un produit, elle vend des gens. Et ça change tout dans la définition d'un lead. Un éditeur peut se contenter d'un « DSI intéressé par la transformation digitale » : il rappellera dans six mois, le produit sera toujours là. Toi, non. Ton consultant Java sort de mission le 15 du mois, et ce qui t'intéresse, c'est un besoin qui démarre à peu près à cette date.
Du coup, perso, je n'appelle « lead » que quatre informations réunies :
- Un profil : la techno et la séniorité (« un dev Java senior », « un chef de projet SAP »).
- Une date de démarrage, même approximative (« janvier », « après la mise en prod »).
- Une durée (« 6 mois », « jusqu'à la fin du lot 2 »).
- Le décideur : qui dit oui au renfort, le DSI ou le responsable d'études.
Tout ce qui n'a pas ces quatre champs, c'est un contact, pas un lead. Ça peut le devenir, mais ça ne va pas dans ton pipeline. Et pour obtenir la date, tu n'as qu'une question à ajouter quand quelqu'un te dit « oui, on va sûrement avoir besoin » : « C'est pour quand, à peu près ? Et pour combien de temps ? » Deux réponses floues, tu notes « pas maintenant » avec une date de rappel. Deux réponses précises, tu as un lead.
Pourquoi les recommandations et les appels d'offres ne suffisent plus ? Parce qu'ils arrivent quand ils arrivent. Une recommandation tombe quand ton client y pense, un AO sort quand le DSI l'a décidé avec quelqu'un d'autre. Dans les deux cas, tu subis le calendrier des autres, et ton intercontrat, lui, court. La prospection, c'est juste la seule façon de poser la question avant que le besoin soit écrit quelque part.
Qui cibler : DSI, directions métier et les boîtes de 50 à 500 salariés
Le ciblage, c'est 80 % du résultat de ce plan, donc je commence par là, et pas par le script. Trois filtres sur ta liste.
La taille, d'abord. En dessous de 50 salariés, il n'y a pas de DSI : c'est le dirigeant qui gère l'informatique avec un freelance, et il ne prend pas un consultant à 600 € par jour. Entre 50 et 500, il y a un DSI ou un responsable informatique, deux ou trois responsables d'études, et un renfort se décide entre eux, sans acheteur, sans référencement, en une discussion. Perso, au-dessus de 500 salariés, je ne prospecte plus : le process d'achat prend le dessus, le cycle s'étire et tu parles à un acheteur avant de parler au besoin. Une boîte de 700 personnes, je l'ai sortie de ma liste, elle était déjà trop grosse pour nous. Pour une ESN c'est la même logique : en dessous, le DSI décide lui-même d'un renfort, et tu as ta réponse en un appel.
Le rôle, ensuite. Le DSI décide, mais le responsable d'études, c'est lui qui a le besoin dans les mains, qui lit les CV et qui sait depuis quand le poste est ouvert. Moi je le mets en premier dans la liste quand je trouve son numéro : s'il a un besoin, il le porte au DSI tout seul, et tu arrives chez le DSI recommandé par son propre collaborateur. Et la direction métier (le DAF qui change d'ERP, le directeur industriel qui lance un projet data), tu l'appelles quand le projet est porté hors DSI : c'est elle qui a le budget, le DSI ne fait que valider.
Le secteur, enfin. Deux secteurs max pour un mois. Pas parce que les autres sont mauvais, mais parce qu'au bout de vingt appels dans l'industrie, tu connais les trois projets qui reviennent (ERP, MES, data), et ta question devient précise. Avec six secteurs, tu restes généraliste tout le mois.
Si tu n'as jamais formalisé ta cible, prends une heure avec le profil client idéal avant de construire la liste. Une heure là, c'est des dizaines d'appels inutiles en moins.
Les canaux dans l'ordre : le téléphone sur liste qualifiée, LinkedIn, puis l'email
Tout le monde te dira « multicanal ». D'accord, mais dans quel ordre, et pour quoi faire ? Moi je donne un rôle à chacun, et le téléphone passe en premier.
Le téléphone, parce que c'est une pré-qualification de 2 minutes. Une question, « vous avez un besoin de renfort sur [techno] dans les trois mois, ou pas du tout ? », et tu as ta réponse. Oui : tu creuses le profil, la date, la durée. Non : tu remercies, tu notes, tu passes au suivant. Pas de pitch de dix minutes, pas d'argumentaire sur tes expertises. Et attention à ce que « volume » veut dire ici : tu appelles 150 personnes que tu as choisies une par une la semaine d'avant, pas un fichier de 2 000 lignes acheté la veille. Le volume sert à trouver vite ceux qui ont un besoin maintenant, il ne sert jamais à insister chez ceux qui n'en ont pas.
LinkedIn, pour être reconnu au décroché. Pas pour vendre. Un manager avait accepté ma connexion LinkedIn sans répondre à mon message. Je l'appelle quelques jours plus tard, et au décroché : « ah oui, j'avais vu passer ». Vingt minutes calées la semaine suivante. LinkedIn n'a rien vendu, il a juste fait que je n'étais plus un inconnu quand le téléphone a sonné. C'est exactement ce que je lui demande dans ce plan : une connexion en semaine 1, zéro argumentaire, et une tête qui dit quelque chose au DSI quand tu appelles en semaine 2.
L'email, pour les injoignables. Le DSI que tu n'as pas eu en deux passages, l'assistante qui filtre, le responsable d'études dont tu n'as que l'adresse. L'email ne pré-qualifie pas aussi bien que l'appel, mais il atteint ceux que le téléphone rate, et il te donne un prétexte pour rappeler : « je vous ai écrit mardi ».
Si tu veux le détail jour par jour sur deux semaines, avec les sept messages écrits, c'est dans la séquence de prospection multicanal. Ici je reste à l'échelle du mois.
Semaine 1 : la liste et les boîtes mail
La semaine où tu ne vends rien, et celle que tout le monde a envie de sauter. Ne la saute pas : la semaine 2 ne vaut que ce que vaut ta liste.
Les 100 comptes. Sales Navigator, filtre taille 51 à 500, tes deux secteurs, ta région si tu places sur site. Puis tu fais le tri à la main : tu gardes les boîtes qui ont une offre d'emploi tech ouverte, un projet annoncé ou un SI qui bouge (ERP, cloud, data). Un compte sans aucun signal, tu le gardes seulement s'il te manque des lignes pour arriver à 100.
Les 150 contacts. Un DSI par compte, puis un responsable d'études ou une direction métier là où tu en trouves. Tu passes le tout dans un outil d'enrichissement pour le numéro direct ou le mobile. Mon objectif : 70 % des contacts avec un numéro, un rôle vérifié et la techno de leur projet notée dans la colonne d'à côté. Les 30 % restants partent en email en semaine 3, pas à la poubelle.
Les connexions LinkedIn. 20 par jour, sans message, ou avec une note qui ne vend rien : « Bonjour Marc, je suis les sujets SI des industriels de la région, ravi d'être connecté. » Pas de « je serais ravi d'échanger sur vos enjeux », il a appris à lire ça comme « je vais vous vendre un truc ».
Les domaines, dès le lundi. Sur mes campagnes email, l'objet qui répond le mieux, c'est le prénom et le « tu », rien d'autre. Et je n'envoie jamais depuis le domaine principal : des domaines dédiés, trois boîtes par domaine, et deux à trois semaines de chauffe avant le premier envoi. C'est pour ça que la semaine 1 du plan commence par acheter les domaines, sinon ta semaine 3 part dans les spams. Concrètement : deux domaines proches du tien (ton-esn-conseil.fr, ton-esn-tech.fr), trois boîtes chacun, un outil de warm-up branché le jour même, et tu n'y touches plus jusqu'à la semaine 3.
Vendredi soir, tu dois avoir : 100 comptes avec un signal, 150 contacts dont une centaine avec numéro, une centaine d'invitations parties, six boîtes en chauffe. Si tu as ça, la semaine 2 est jouable.
Semaine 2 : le téléphone, 2 minutes par contact
Deux blocs de 2 heures, mardi, mercredi ou jeudi, le matin. Pourquoi des blocs ? Parce qu'un appel entre deux mails, tu ne le passes jamais. Deux heures bloquées dans l'agenda, téléphone, liste, et rien d'autre.
40 numéros par bloc. Ça laisse trois minutes par numéro : composer, tomber sur un standard ou un répondeur, noter, enchaîner. Les conversations durent deux minutes, les absents prennent trente secondes. Si tu fais 20 numéros en deux heures, tu passes trop de temps à préparer chaque appel, ou à attendre que ça sonne.
La ligne unique. « Bonjour Marc, c'est Paul de [ESN]. J'ai vu que vous étiez DSI chez [boîte], j'aurais une petite question : vous avez un besoin de renfort sur [techno] dans les trois mois, ou pas du tout ? » Et tu te tais. Le « ou pas du tout ? » n'est pas une faiblesse, c'est la partie la plus importante de la phrase : tu lui donnes une sortie, donc il n'a pas besoin de t'en inventer une. Un DSI à qui tu laisses le droit de dire non te dit beaucoup plus souvent oui.
Trois réponses possibles, trois gestes :
- « Oui, justement » : profil, date, durée, et le rendez-vous. « Plutôt que de tout voir maintenant, on se cale 20 minutes jeudi, 16 h par exemple ? »
- « Pas dans les trois mois » : « Ok. Et à plus long terme, il y a un projet qui pourrait en avoir besoin ? » Une réponse, une date de rappel, merci, suivant.
- « Pas du tout » : « Merci, c'est clair. » Statut hors cible. Tu ne forces pas, il te reste 39 numéros.
Le rendez-vous de 20 minutes comme seul objectif. Pas « envoyer des CV », pas « présenter l'ESN ».
❌ « Je vous envoie une plaquette et quelques CV, et on en reparle ? »
✅ « Je vous propose 20 minutes jeudi ou vendredi matin pour vous montrer deux profils qui correspondent, vous choisissez. »
Pourquoi : la plaquette finit dans un dossier, et tes CV dans la pile des dix autres ESN. Le créneau, lui, le force à regarder tes profils avec toi, et c'est là que tu entends le vrai besoin.
Je ne te réécris pas les scripts par interlocuteur, les objections (« envoyez-moi des CV », « on est référencés ») ni les créneaux où un DSI décroche lui-même : tout est mot à mot dans le script de prospection téléphonique ESN. Ce plan te dit quand appeler, l'article script te dit quoi dire une fois que ça décroche.
Semaine 3 : l'email et la relance LinkedIn
Tes domaines ont deux semaines de chauffe, tes connexions de la semaine 1 ont eu le temps d'être acceptées. C'est la semaine des injoignables.
L'email, à ceux que le téléphone a ratés. Objet avec le prénom et le « tu », rien d'autre : « Marc, tu renforces l'équipe data ? » Corps en trois lignes, pas une de plus :
Marc, je place des devs et des data engineers chez des industriels de ta taille, en renfort de 3 à 12 mois.
Chez [boîte], il y a un besoin de ce côté-là dans les trois mois, ou pas du tout ?
Si oui, 20 minutes jeudi pour te montrer deux profils ?
Qui tu places, chez qui, une question. Pas de signature longue, pas de logo, pas de pièce jointe. 50 emails par boîte et par jour maximum, donc 300 par jour avec tes six boîtes, bien plus que tes injoignables : tu n'as aucune raison de forcer la cadence.
La relance LinkedIn, qui annonce l'appel. Aux connexions acceptées sans réponse : « Marc, je t'appelle jeudi 10 h pour une question de 2 minutes, ça te va ? » Tu n'attends pas sa réponse pour appeler : s'il répond « pas jeudi », tant mieux, il te donne un créneau ; s'il ne répond pas, tu appelles jeudi 10 h et tu ouvres sur « je vous avais écrit que je vous appellerais ». Le silence après un message, c'est trois jours ouvrés, puis le téléphone ; le script complet de ce cas est dans relancer un prospect sur LinkedIn.
Les « rappelez-moi », le lendemain. Pas la semaine d'après. Quelqu'un qui t'a dit « là je cours » ne t'a pas noté dans son agenda ; le lendemain, il se souvient encore de toi, huit jours après tu es redevenu un inconnu. « Bonjour Marc, c'est Paul, vous m'avez dit de vous rappeler aujourd'hui, c'est un meilleur moment ? »
Semaine 4 : deuxième passage et tri de la liste
Un contact que tu n'as pas eu en semaine 2 n'a pas dit non. Il était en réunion. Le deuxième passage, c'est la semaine qui rentabilise la liste.
Repasser à un autre créneau. Tu as appelé le matin en semaine 2, tu appelles entre 12 h 30 et 13 h 30 ou après 17 h 30 en semaine 4, et tu notes lequel décroche le mieux par rôle. La ligne change à peine : « Bonjour Marc, c'est Paul, je vous avais laissé un message la semaine dernière, je refais le point en une question : un renfort [techno] d'ici fin de trimestre, oui ou non ? » Tu cites le message, tu reposes la question, tu te tais.
Trier en trois statuts, et seulement trois. Vendredi, chaque ligne de ta liste a un statut :
- Besoin daté : profil, date, durée, décideur remplis. C'est ton pipeline.
- Pas maintenant : avec une date de rappel écrite, jamais « à recontacter » tout court.
- Hors cible : pas de DSI, pas de renfort externe, trop gros, « ne m'appelez plus ». Tu les sors, et tu ne les rappelles pas dans trois mois en espérant qu'ils aient changé d'avis.
Préparer le mois 2 avec la liste nettoyée, pas une nouvelle liste. C'est là que je ne suis pas d'accord avec le réflexe habituel. Le mois 2, tu rappelles les « pas maintenant » à leur date, tu repasses les injoignables une troisième fois sur le créneau qui a marché, et tu ajoutes 50 comptes neufs, pas 100. Une liste qui a deux passages dessus vaut plus qu'une liste fraîche : tu sais qui décroche, à quelle heure, et qui t'a déjà entendu une fois.
Les chiffres à attendre sur un mois
Je ne vais pas te donner des ratios au dixième de pour cent : mes chiffres viennent du SaaS, pas de l'ESN, et un chiffre qu'on n'a pas mesuré soi-même ne sert qu'à se rassurer. Mais des ordres de grandeur, oui, et surtout ce qu'ils doivent te faire faire.
La joignabilité au premier passage. Sur 40 numéros DSI dans un bloc, tu vas tomber majoritairement sur des répondeurs, des standards et des gens en réunion : c'est la règle avec ce poste, pas un signe que ta liste est mauvaise. Perso, je pense qu'un bloc qui donne une poignée de vraies conversations avec la bonne personne est un bon bloc. Si tu en as zéro sur deux blocs de suite, le problème est le créneau ou les numéros (standard au lieu de la ligne directe), pas toi.
Les besoins datés sur le mois. 150 contacts passés deux fois, plus les emails et les relances : si tu sors de là avec quelques besoins datés et une dizaine de « pas maintenant » avec une date, ton mois est bon, parce que ces « pas maintenant » sont le pipeline du trimestre. Un seul besoin daté qui matche un profil en intercontrat paie le mois entier, c'est la particularité de l'ESN : le panier est gros, donc le volume de leads nécessaire est petit.
Ce qui doit t'alerter. Beaucoup de conversations, zéro besoin daté : ce n'est pas ton script, c'est ta cible. Tu parles à des gens qui n'ont pas de renfort externe à décider (trop petits, ou un rôle qui ne décide pas). Change la liste, pas la phrase. À l'inverse, des besoins datés mais pas de rendez-vous tenus : là, c'est ta proposition de créneau, ou un « oui, pourquoi pas » forcé en fin d'appel qui n'était qu'un report poli.
Le détail du nombre d'appels pour un rendez-vous DSI, avec les trois colonnes à tenir dans ton CRM, est dans le H2 « Combien d'appels pour un rendez-vous avec un DSI » de l'article script. Et les autres méthodes pour organiser ta prospection sont rangées dans la stratégie de prospection téléphonique.
Le piège de l'appel d'offres
Question simple : quand tu découvres un besoin dans un appel d'offres, qui a écrit le cahier des charges ? Pas le DSI tout seul. Il l'a écrit avec une ESN qui lui parlait déjà, trois mois avant, pendant que le besoin se formait. Le périmètre, les technos exigées, parfois le TJM attendu, tout ça porte la marque de quelqu'un d'autre. Tu réponds à un dossier taillé pour un concurrent, et tu y passes trois jours. 😬
Ma règle, et je la tiens même quand l'AO est tentant : je ne réponds qu'aux appels d'offres des comptes où j'ai déjà parlé au DSI ou au responsable d'études. Si le compte est dans ma liste, qu'on s'est eus au téléphone, qu'il m'a dit « on prépare un truc pour janvier », l'AO est la suite logique et j'y vais. Si je le découvre sur une plateforme, je passe. Le temps d'une réponse à AO, c'est deux blocs d'appels, et deux blocs d'appels me donnent des besoins où je ne suis pas le troisième à arriver.
Et l'AO perdu ? C'est le meilleur prétexte d'appel que tu auras dans le mois. Pas pour contester, pour comprendre : « on n'a pas été retenus, c'est le jeu, je vous appelle juste pour savoir ce qui a fait la différence ». Deux minutes d'humilité, et souvent tu apprends quand sort le prochain lot. Le script 6 de l'article script le donne mot pour mot.
Le référencement grand compte, lui, est un cycle à part. Au-dessus de 500 salariés, tu ne vends pas un renfort, tu entres dans une liste de fournisseurs, avec un acheteur, un calendrier et un dossier. Ça peut valoir le coup, mais ça ne se mélange pas avec ce plan : ce sont d'autres gens, d'autres délais, et un autre mois.
Les demandes entrantes : rappeler en moins de 5 minutes
Pendant que tu prospectes, il arrive aussi des gens vers toi : un formulaire sur ton site, un message LinkedIn « vous auriez un profil Salesforce ? », une réponse à ton email. Là, une seule règle : la vitesse.
Un DSI qui t'écrit a un trou dans son planning, et il écrit probablement à trois ESN en même temps. Celle qui rappelle en cinq minutes a la conversation, celles qui rappellent le lendemain ont un « on a déjà trouvé ». Chez Paradial, un lead chaud remonte dans Slack avec son numéro en moins de 5 minutes, pour qu'on le rappelle pendant qu'il a encore la page ouverte, et je ne vois pas pourquoi une ESN ferait autrement.
Concrètement pour une personne seule : le formulaire du site et les notifications LinkedIn arrivent sur ton téléphone, pas dans une boîte partagée que quelqu'un lit le soir ; tu interromps ton bloc d'appels pour un entrant, c'est le seul cas où tu le fais ; et tu ouvres sur sa demande, pas sur ton ESN : « vous m'avez écrit pour un profil Salesforce, c'est pour démarrer quand ? ». Le détail, les cas où il ne décroche pas et le message à laisser sont dans rappeler un lead en 5 minutes.
Externaliser à une agence : quand oui, quand non
On va te proposer d'externaliser, et je ne dis pas que c'est toujours une mauvaise idée. Je dis que ça dépend de trois conditions, et que si une seule manque, tu paies pour rien.
Oui, si :
- La liste existe. Tu sais qui tu cibles (taille, secteur, rôle) et tu l'as déjà écrit. Une agence exécute une cible, elle ne la trouve pas.
- L'offre est stable. Un profil, une techno, un secteur. « On place des devs Java et des data engineers chez des industriels de 50 à 500 salariés », ça se délègue. « On fait du conseil, du dev et de l'infogérance selon les cas », non.
- Quelqu'un en interne prend les rendez-vous en moins d'une journée. Un lead passé par une agence et rappelé trois jours après, c'est un lead perdu, et c'est l'agence qu'on accusera.
Non, si tu ne sais pas encore à qui tu vends. Et c'est le cas de la plupart des ESN que je croise en dessous de 50 consultants : la cible change avec les profils disponibles. Mon avis : une agence ne sait pas à ta place quel profil tu as en intercontrat le mois prochain, ni ce qu'il vaut, ni ce que tu accepterais comme TJM pour le placer vite. Cette information-là, c'est tout le lead en ESN, et elle est chez toi.
Ce que je ferais : les quatre semaines ci-dessus toi-même, une fois. Tu en sors avec une liste triée, une phrase qui marche, et des ordres de grandeur à toi. Là, tu as de quoi briefer une agence en une page, ou de quoi recruter un SDR en sachant quoi lui demander. Avant, tu achètes de l'espoir.
Guide completProspection téléphonique : le guide complet de A à Z›Bref : un lead ESN, c'est un profil, une date, une durée et un décideur. Tu construis la liste en semaine 1, tu la passes au téléphone en semaine 2, tu rattrapes les injoignables par email et LinkedIn en semaine 3, tu repasses et tu tries en semaine 4. Et si tes deux blocs de 2 heures partent en répondeurs et en standards, Paradial compose plusieurs numéros en parallèle et ne te passe que les humains qui décrochent : 7 jours d'essai gratuit, une démo de 20 minutes sur ta propre liste, et tu peux le tester sur une seule personne avant d'équiper l'équipe. 📞
Questions fréquentes
Comment une ESN peut-elle trouver des clients ?
En arrêtant d'attendre les recommandations et les appels d'offres, et en posant la question avant que le besoin soit écrit : une liste de 100 comptes de 50 à 500 salariés, 150 contacts (DSI, responsables d'études, directions métier), et un appel de 2 minutes à chacun pour savoir s'il a un besoin de renfort daté. Le plan complet sur 4 semaines est en haut de cet article.
Comment prospecter efficacement pour une ESN ?
Le téléphone d'abord, sur une liste ciblée, avec une seule question : « vous avez un besoin de renfort sur [techno] dans les trois mois, ou pas du tout ? ». LinkedIn sert à être reconnu au décroché, l'email rattrape les injoignables. Deux blocs de 2 heures par semaine, 40 numéros par bloc, et un rendez-vous de 20 minutes comme seul objectif.
Qui contacter dans une entreprise pour vendre une prestation ESN ?
Le responsable d'études ou le manager de delivery en premier : c'est lui qui a le besoin et qui lit les CV. Le DSI ensuite, il valide le renfort. La direction métier (DAF, directeur industriel) quand le projet est porté hors DSI. L'acheteur IT seulement au-dessus de 500 salariés, pour un référencement, qui est un cycle à part.
Comment générer des leads IT qualifiés ?
En définissant d'abord ce qu'est un lead qualifié pour une ESN : un profil, une date de démarrage, une durée et un décideur. Tout contact sans ces quatre informations est un contact, pas un lead. Ensuite, tu cibles des comptes avec un signal (offre d'emploi tech, projet annoncé) et tu pré-qualifies au téléphone en 2 minutes plutôt que par un pitch.
Quels KPIs suivre pour la prospection d'une ESN ?
Par semaine : les numéros composés, les conversations avec la bonne personne, les besoins datés (profil + date + durée) et les rendez-vous de 20 minutes tenus. Le ratio qui compte le plus est conversations / besoins datés : s'il est très bas, ta cible est mauvaise, pas ton script. Le coût d'acquisition et la durée de cycle viennent après, sur plusieurs mois.
Faut-il répondre aux appels d'offres quand on est une ESN ?
Seulement à ceux des comptes où tu as déjà parlé au DSI ou au responsable d'études. Un AO découvert sur une plateforme a été écrit avec une autre ESN, et tu réponds à un dossier taillé pour elle. Un AO perdu, en revanche, est un bon prétexte d'appel pour comprendre ce qui a fait la différence et savoir quand sort le prochain lot.