- Le calendrier de relance J0 à J+10
- Étape 1 : le mail récap le jour même
- Étape 2 : la règle de bascule vers le téléphone
- Étape 3 : relancer avec de la valeur, pas avec « je reviens vers vous »
- Étape 4 : quand ton interlocuteur n'est pas le décideur
- Étape 5 : le message de clôture, et quand t'arrêter
- L'exemple déroulé : la relance de Julie, du J0 au rendez-vous
- Combien de relances pour un prospect ?
- Questions fréquentes
Ce que tu as sous les yeux : le calendrier complet pour relancer un prospect après un premier contact, du jour même à J+10, avec le canal et le message entier à chaque étape. Tu le copies, tu changes les prénoms, tu l'appliques demain matin.
Le calendrier de relance J0 à J+10
| Jour | Canal | Objectif | Message à copier |
|---|---|---|---|
| J0 | Laisser une trace écrite de l'échange | Objet : {Prénom}, suite à notre échange Salut {Prénom}, Merci pour le temps tout à l'heure. Si je résume : {problème qu'il a cité, avec ses mots}. Je te propose 20 minutes pour te montrer comment on règle ça chez des équipes comme la tienne. Jeudi 10h ou vendredi 14h, qu'est-ce qui t'arrange ? |
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| J+1 | Mettre un visage sur le mail | Demande de connexion avec note : « Salut {Prénom}, on s'est parlé hier au sujet de {sujet}. Je me connecte pour qu'on garde le fil ici aussi. » |
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| J+3 ouvrés | Téléphone | Bascule : silence sur mail et LinkedIn, tu as le numéro, tu appelles | Ouverture (3 phrases) : « Salut {Prénom}, c'est Paul de Paradial. On s'est parlé lundi de {sujet}, je t'ai envoyé un mail avec deux créneaux. Je t'appelle parce que c'est plus rapide qu'un échange de mails : on cale 20 minutes cette semaine ou ce n'est pas le moment ? » Message vocal (20 s) : « {Prénom}, c'est Paul de Paradial, on s'est parlé lundi de {sujet}. Je t'ai envoyé deux créneaux par mail, réponds juste par le chiffre 1 ou 2 et je m'occupe du reste. Bonne journée. » |
| J+4 | Téléphone | Si on t'a dit « rappelle-moi » ou « je suis occupé » | Rappel le lendemain, même tranche horaire que celle qu'il t'a donnée : « {Prénom}, Paul, tu m'as dit de te rappeler aujourd'hui. Deux minutes, c'est bon pour toi ? » |
| J+6 | Relancer avec de la valeur, pas avec « je reviens vers toi » | Objet : {Prénom}, un chiffre sur {sujet} Salut {Prénom}, Un truc qui m'a fait penser à toi : {un chiffre ou un cas concret lié à son problème, en une phrase}. C'est exactement ce dont on parlait lundi. Ça vaut 20 minutes pour voir si ça s'applique chez toi ? Paul |
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| J+8 | Téléphone | 2e appel, autre créneau (8h30-9h ou 17h30-18h30) | Même ouverture qu'à J+3. Si ce n'est pas le décideur : « Je comprends que ce n'est pas toi qui tranches. Qui, chez vous, porte ce sujet ? Tu veux bien me présenter, ou je l'appelle en disant que je viens de ta part ? » |
| J+10 | Clôture : fermer proprement et laisser la porte ouverte | Objet : je ferme le dossier ? Salut {Prénom}, Je n'ai pas eu de retour, j'en déduis que {sujet} n'est pas une priorité en ce moment. Je ferme le dossier de mon côté. Si je me trompe, réponds juste « pas fermé » et on cale un créneau. Paul |
Les deux règles qui font marcher ce calendrier :
- Règle de bascule : 3 jours ouvrés de silence par mail ou LinkedIn + numéro connu = tu appelles. « Rappelle-moi » ou « occupé » = tu rappelles le lendemain (J+1).
- Règle d'arrêt : après le mail de clôture, tu ne relances plus. Le prospect sort de la séquence et revient dans ta liste dans 90 jours, avec un nouvel angle.
Maintenant, le pourquoi de chaque étape. Parce qu'un calendrier qu'on applique sans comprendre, on le lâche au premier prospect qui ne rentre pas dans les cases.
Étape 1 : le mail récap le jour même
Le premier contact vient d'avoir lieu. Un appel, un salon, une démo, peu importe. Ce soir-là, ton prospect a déjà parlé à six autres personnes et oublié la moitié de ce que tu lui as dit.
Le mail du J0 sert à une chose : écrire noir sur blanc le problème qu'il t'a donné, avec ses mots à lui. Pas ta plaquette, pas tes 4 fonctionnalités.
❌ « Suite à notre échange, je vous transmets notre présentation ainsi que nos tarifs. N'hésitez pas à revenir vers moi. »
✅ « Si je résume : tes commerciaux passent 2 heures par jour à composer des numéros qui ne décrochent pas. Jeudi 10h ou vendredi 14h ? »
Pourquoi le deuxième marche : il prouve que tu as écouté, et il finit sur une question fermée. Répondre « jeudi » demande trois secondes. Répondre à « n'hésitez pas à revenir vers moi » demande de réfléchir à quoi dire... donc personne ne le fait.
Étape 2 : la règle de bascule vers le téléphone
C'est l'étape que tout le monde saute. Le mail ne reçoit pas de réponse, alors on renvoie un mail. Puis un troisième. Et on finit par se dire que le prospect « n'est pas intéressé ».
Moi j'ai fini par poser une règle simple dans mon CRM, le 14 août : 3 jours ouvrés de silence sur LinkedIn ou par mail, et si j'ai le numéro, j'appelle. Le lead remonte tout seul dans ma liste « Appeler ». Pas de débat, pas d'attente d'un signe.
Pourquoi 3 jours ouvrés ? Parce qu'en dessous, tu n'as pas laissé le temps de répondre, et au-dessus ton premier échange refroidit. Et pourquoi le téléphone ? Parce qu'un mail s'ignore sans effort. Un appel, non : même un « c'est pas le moment » est une réponse. Et une réponse, ça se travaille.
Deuxième moitié de la règle : si au bout du fil on te dit « rappelle-moi » ou « je suis occupé », tu rappelles le lendemain. Pas « la semaine prochaine ». La personne vient de te donner une permission, elle s'en souviendra demain, beaucoup moins dans huit jours.
Pour le texte de l'appel lui-même, j'ai détaillé les variantes dans le script de relance téléphonique. Et si tu tombes sur la messagerie, le message vocal de prospection explique pourquoi 20 secondes suffisent.
Étape 3 : relancer avec de la valeur, pas avec « je reviens vers vous »
Perso, je pense que « je me permets de revenir vers vous » est la phrase la plus inutile de la vente B2B. Elle dit une seule chose au prospect : « je n'ai rien de nouveau, mais j'ai besoin que tu me répondes ». Et il le sent.
La relance du J+6 doit apporter un élément que le prospect n'avait pas lundi. Trois options qui marchent :
- Un chiffre lié à son problème : « une équipe de 5 SDR qui compose à la main passe environ un tiers de sa journée en tonalités et en répondeurs ».
- Un cas : une boîte du même secteur, ce qu'elle a changé, ce que ça a donné.
- Une question précise qui le fait réfléchir : « aujourd'hui, tu sais combien d'appels par jour fait chacun de tes commerciaux ? ».
❌ « Je me permets de revenir vers vous concernant mon précédent mail. Avez-vous eu le temps d'y jeter un œil ? »
✅ « Un truc qui m'a fait penser à toi : tu m'as dit lundi que tes commerciaux passent leur journée au téléphone. Tu sais combien de personnes chacun arrive vraiment à joindre par jour ? C'est souvent là que tout se joue. 20 minutes pour regarder ça ensemble ? »
Moi je trouve qu'une question qui reprend ses propres mots vaut mieux qu'un chiffre trouvé sur le net : il se reconnaît, il a envie de répondre.
Le premier demande un effort au prospect. Le second lui donne quelque chose. Tu sens la différence ?
Étape 4 : quand ton interlocuteur n'est pas le décideur
Ça arrive tout le temps : tu as eu un super échange... avec quelqu'un qui ne signera jamais. Un SDR enthousiaste, une assistante de direction, un manager intermédiaire. Et tu relances cette personne pendant trois semaines en attendant qu'elle « en parle en interne ».
Ma stratégie depuis le mois d'août, je l'appelle la marraine :
- En fin d'appel, tu demandes à ton interlocuteur de te recommander : « Si tu devais en parler à quelqu'un chez vous, ce serait qui ? Je peux l'appeler de ta part ? ». Il devient ta marraine en interne.
- Tu lui envoies un lien (une page, une démo courte) qu'il peut faire suivre sans rien rédiger : « Voilà la démo de 3 minutes, tu peux la transférer telle quelle à {Prénom du N+2}. »
- Tu relances la marraine une fois : « Tu as pu en toucher un mot à {Prénom du N+2} ? Sinon je l'appelle jeudi de ta part, ça te va ? »
- Puis tu appelles directement le N+2, en citant la marraine : « Bonjour {Prénom}, Paul de Paradial, {Prénom de la marraine} m'a dit de vous appeler au sujet de {problème cité}. »
Et j'ai un réflexe sur toute personne intéressée au téléphone : « et ton N+2, il en pense quoi ? ». Ça te dit en une phrase si tu parles à la bonne personne ou si tu perds ton temps avec un relais.
La phrase du J+8 dans le calendrier sert exactement à ça. Si la personne te répond « c'est mon directeur commercial qui gère », tu as gagné : tu as un nom, une raison d'appeler, et quelqu'un qui t'a présenté. Pour les variantes de réponse, regarde l'objection « je ne suis pas le décideur ».
Étape 5 : le message de clôture, et quand t'arrêter
Il y a un moment où relancer devient du harcèlement. Et honnêtement, c'est aussi un moment où tu perds ton temps.
Le mail de clôture du J+10 fait deux choses. Il ferme la séquence pour toi : tu arrêtes de penser à ce prospect, tu passes au suivant. Et il donne au prospect une sortie facile : répondre « pas fermé » ne coûte rien. C'est souvent ce mail-là qui récupère une réponse, parce que la personne réalise qu'elle va perdre le fil.
Après la clôture, tu ne supprimes pas le contact. Tu le ressors dans 90 jours, avec un angle neuf : un changement chez lui (recrutement de commerciaux, levée, nouveau poste), ou un nouveau cas à partager. Si on t'a répondu « rappelez-moi dans 6 mois », c'est un autre cas de figure, je l'ai traité dans l'objection « rappelez-moi dans 6 mois ».
L'exemple déroulé : la relance de Julie, du J0 au rendez-vous
Prenons un cas fictif mais typique. Julie est DRH d'une PME de 80 personnes. Tu l'as eue au téléphone un lundi, 4 minutes, elle t'a dit que ses deux commerciaux « passent leur vie au téléphone sans résultat ».
Lundi (J0), 18h. Tu envoies le mail récap : « Si je résume : tes deux commerciaux passent leurs journées au téléphone et les rendez-vous ne suivent pas. Jeudi 10h ou vendredi 14h ? ». Pas de réponse.
Mardi (J+1). Demande de connexion LinkedIn avec la note. Julie accepte le soir même, sans écrire.
Jeudi (J+3 ouvrés). Silence sur mail et LinkedIn, tu as son numéro : bascule. Tu appelles à 11h. Elle décroche : « je suis en entretien, rappelle-moi ».
Vendredi (J+4). Tu rappelles à 11h, comme elle te l'a dit. Elle a deux minutes. Elle te dit que l'idée l'intéresse, mais que « c'est Marc, le directeur commercial, qui décide ».
C'est le moment marraine. Tu lui demandes : « Tu veux bien me présenter à Marc, ou je l'appelle de ta part ? ». Elle te dit de l'appeler. Tu lui envoies dans la foulée un lien vers une démo de 3 minutes, à transférer à Marc si elle veut.
Mardi suivant (J+6). Mail de valeur à Julie : un chiffre sur le temps perdu à composer à la main, et « je vais appeler Marc jeudi de ta part, ça te va ? ». Elle répond « ok ».
Jeudi (J+8), 8h45. Tu appelles Marc à un autre créneau, tôt : « Bonjour Marc, Paul de Paradial, Julie m'a dit de vous appeler au sujet du temps que vos deux commerciaux passent au téléphone. » Il a entendu parler de toi, il écoute. Rendez-vous calé le mardi suivant.
Le mail de clôture du J+10 n'est jamais parti. C'est le meilleur scénario, mais remarque une chose : sans la bascule du jeudi et le rappel du vendredi, Julie serait restée un « mail sans réponse » de plus. Et sans la question sur le décideur, tu aurais relancé Julie pendant un mois.
Combien de relances pour un prospect ?
Ma réponse : 6 relances sur 10 jours, puis la clôture. Dont au moins 2 appels si tu as le numéro. C'est ce que donne le calendrier plus haut.
Tu liras partout qu'il faut « 8 à 12 touches » et que la majorité des commerciaux abandonne trop tôt. C'est vrai pour le second point. Mais attention au réflexe qui va avec : relancer tout ton fichier 12 fois en espérant que ça finisse par répondre.
Moi je ne vois pas la relance comme ça. Ce calendrier, tu l'appliques à des gens avec qui tu as déjà eu un vrai premier contact, et qui correspondent à ta cible. Le téléphone, dans cette séquence, sert à pré-qualifier vite : en deux appels tu sais si la personne mord, si c'est le bon interlocuteur, si le timing est là. Si ça ne mord pas, tu fermes et tu passes au suivant. C'est ça que permet le volume : ne pas s'acharner sur un prospect tiède parce que tu en as dix autres qualifiés qui attendent ton appel.
Si ton problème est plutôt en amont (des prospects jamais contactés), c'est une autre mécanique : regarde la séquence de prospection multicanal, pensée pour le froid. Et toutes les autres méthodes sont rangées dans la stratégie de prospection téléphonique.
◆ Guide completProspection téléphonique : la méthode complète de A à Z ›Garde le tableau du haut sous le coude. La prochaine fois qu'un prospect ne répond plus, tu n'auras pas à te demander quoi faire : tu regardes quel jour on est 📅
Questions fréquentes
Combien de fois relancer un prospect ?
6 relances sur 10 jours, puis un mail de clôture. Au moins 2 appels dans le lot si tu as le numéro. En dessous de 4 tu lâches trop tôt, au-delà de 7 sans aucun signe tu t'épuises sur quelqu'un qui ne mord pas.
Quel délai entre deux relances ?
2 à 3 jours ouvrés entre deux touches sur des canaux différents. La règle qui compte : 3 jours ouvrés de silence par mail ou LinkedIn et tu as le numéro, tu appelles. Si on te dit « rappelle-moi » ou « je suis occupé », tu rappelles le lendemain, pas la semaine d'après.
Comment relancer un prospect sans être lourd ?
Chaque relance apporte un truc nouveau : un chiffre, un cas, une question précise. « Je reviens vers toi » n'apporte rien, donc ça agace. Et tu annonces la fin : un mail de clôture clair, c'est l'inverse d'être lourd.
Comment relancer un prospect qui ne répond pas après un devis ?
Appelle, ne renvoie pas le devis. Au téléphone tu poses une seule question : « qu'est-ce qui bloque, le prix, le timing ou la personne qui signe ? ». Si c'est la personne qui signe, c'est le moment d'aller chercher le N+2.
Faut-il relancer par mail ou par téléphone ?
Les deux, dans cet ordre : le mail laisse une trace, le téléphone débloque. Le mail seul se fait ignorer sans effort, alors qu'un appel oblige à une réponse, même un « non ».